Le baiser du barbu: une marque de confiance
David Savard peut dire un gros merci à Yves Pelletier. Dans Les aimants, le réalisateur lui avait permis de défendre le truculent Noël. Pour Le baiser du barbu, il lui a offert sans même qu’il ait à passer une audition le rôle-titre, celui de Benoît, un gaillard qui commence à croire en ses talents de comédien après s’être fait pousser une barbe. À cause de cette barbe, il mettra à l’épreuve la patience de sa conjointe, notamment en entretenant des fantasmes parfois chimériques de gloire et de succès… qui ne viennent pas toujours avec une reconnaissance monétaire. Un rôle qui représentait un véritable cadeau du ciel pour le principal intéressé.
«J’ai abordé ce film-là en me disant que c’était peut-être la seule fois où j’aurais un rôle principal, pour être sûr de tripper», confie le comédien. Aux yeux de plusieurs, l’embauche de David Savard peut sembler surprenante, puisque l’acteur n’a pas la même renommée qu’un Guillaume Lemay-Thivierge ou un Claude Legault.
«Il faut sortir de ça et arrêter de se dire : « Lui, il est connu et elle aussi, alors il va y avoir du monde qui va voir le film », soutient le principal intéressé. Pourquoi Yves n’a-t-il pas demandé à quelqu’un de plus connu? Parce qu’il croyait que ça serait plus crédible par rapport au jeu, par rapport à Isabelle Blais et à tout ça. Il pensait que ça serait mieux pour le film.»
Le temps retrouvé
À 1 000 lieues de son personnage dans Borderline, Isabelle Blais a abordé celui du Baiser du barbu avec dérision. Dans le film d’Yves Pelletier, l’actrice incarne une control freak (comme dans la série C.A.) qui fait des crises à son conjoint et qui renonce à ses rêves d’écriture pour un emploi stable et payant grâce auquel elle peut s’acheter un condo.
«C’est l’antithèse de ce que je suis dans la vie, révèle la comédienne. Je ne serais pas capable de vivre comme ça. Mais je comprends. Il y a bien des gens qui évitent de faire ces métiers de pigistes. Ils veulent avoir de la sécurité dans leur vie, quoique de nos jours, il n’y a plus rien de garanti… Je pense que ça peut amener des réflexions sur le couple, sur la manière dont on change, la manière d’évoluer ensemble.»
Renouant avec Yves Pelletier après avoir tenu le rôle principal dans Les aimants, Isabelle Blais se plaît dans les univers personnels du réalisateur, d’où émane un charme suranné. «Yves est un gars qui aime le romantisme, révèle-t-elle. Aujourd’hui, dans le monde où on vit, on ne retrouve plus ces valeurs. On est plus cynique, plus heavy, on ne croit plus en rien. Il n’y a plus de dévotion, d’absolu dans l’amour.»
«Yves est un peu vieux jeu, poursuit-elle. Il ne voulait pas rentrer dans la modernité de ce qui se passe en ce moment, où tout le monde s’en fout et couche à gauche et à droite.»
Le baiser du barbu
En salle le 18 juin