Éric Lapointe: les combats d'un survivant
La consigne était claire dès le départ : il n’était pas question, pendant l’entrevue, d’aborder la vie privée ou les problèmes de dépendance à l’alcool d’Éric Lapointe. L’artiste était là pour parler de musique, point à la ligne. Il n’aurait de toute façon pas été nécessaire d’en redemander : le chanteur a déjà tout dit sur son dernier album, Le ciel de mes combats. «Chaque album représente une partie de ma vie, admet Lapointe. Je finis par avoir besoin d’enregistrer un nouveau disque pour faire le point sur ma vie, parce que je suis rendu ailleurs.»
Le ciel de mes combats est donc un mélange de bilans, de constatations par rapport à son passé et à sa relation actuelle avec sa compagne, qui attend son enfant. Le chanteur n’a toutefois pas abordé le thème de la paternité. «Roger Tabra, qui a signé les paroles avec moi, m’avait écrit un superbe texte sur la paternité, se souvient le chanteur. Mais quand est venu le temps de le mettre en musique, j’ai eu de la difficulté à être inspiré, parce que ça reste abstrait pour moi tant que je n’ai pas le bébé dans les bras. Cela dit, ça pourrait très bien être le fil conducteur du prochain album!»
Le ciel de mes combats marque en effet les retrouvailles entre Lapointe et son vieux complice, le parolier Roger Tabra. «On ne s’est jamais véritablement perdus de vue, précise le chanteur. Mais après un moment, chacun suit son chemin… J’étais vraiment content de le retrouver. On est comme un vieux couple, les retrouvailles sont intenses.» De l’aveu du chanteur, si le parolier réussit aussi bien à mettre des mots sur ses émotions, c’est qu’il le connaît comme le fond de sa poche. «Et puis on se ressemble. Il peut donc écrire des chansons comme s’il les écrivait pour lui, et elles me collent à la peau», croit-il.
Les deux amis signent notamment une pièce dont le texte est une déclaration d’amour au public. «Cette chanson-là, j’ai toujours voulu la faire. Elle arrive maintenant parce qu’avec les problèmes de santé que j’ai eus il y a deux ans, les médecins m’avaient suggéré de prendre six mois de break, mais moi, j’ai tenu à remonter tout de suite sur scène, se souvient-il. C’est toujours là que je me regonfle les pneus. Le public, c’est mon allié dans mes combats. C’est mon thérapeute.»
Éric Lapointe retrouvera bientôt cet allié à l’occasion de son traditionnel «Party des Fêtes» avec son frère Hugo, et ses amis Jonas et Michel Pagliaro. «C’est la 11e année et c’est toujours aussi l’fun! dit-il. Le but, c’est de chanter des chansons que tout le monde connaît, de faire un gros party avec le public!»
Le ciel de mes combats
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