Sur l’album Nouvelles fréquentations, des textes de Dédé Fortin, de Plume Latraverse, de Bertrand Cantat et même de Neil Young sont «charbonisés», pour reprendre l’expression de Michel Faubert. «D’habitude, quand un artiste fait un album de reprises, il se tourne vers les valeurs sûres du passé pour faire quelque chose d’un peu nostalgique, note André Marchand. Sur ce disque, c’est l’inverse! Ça fait des années qu’on fouille dans le répertoire oublié, et là on avait envie de se tourner vers le contemporain.»

Cette idée leur est venue à la suite de la collaboration de la formation avec Gilles Vigneault pour La sacrée rencontre en 2007. «On pourrait penser que ce que fait Gilles Vigneault, c’est traditionnel, mais c’est en fait très chromatique, très moderne, explique André Marchand. On était en territoire un peu inconnu, mais on a réussi à faire des affaires qui nous ont étonnés nous-mêmes! Et même en allant vers le contemporain, on tenait à choisir des chansons qui sont un peu oubliées, comme on le fait toujours.»

Cette nouvelle approche a changé la façon de faire du quintette. «D’habitude, on arrive chacun avec les morceaux qu’on voudrait chanter, et comme il y a beaucoup de chansons à répondre dans le répertoire traditionnel, celui qui propose la chanson devient le “meneur”, raconte Michel Faubert. Pour cet album, on a dû procéder différemment, parce qu’on ne savait pas d’avance qui chanterait quoi. On a proposé environ 150 pièces pour en choisir 14!»

«On s’est rendu compte que notre style ne fonction­nait pas avec n’importe quelle chanson, ajoute Michel Bordeleau. Il y a des modalités de voix et des changements d’accord qui ne s’adaptent pas à la sauce a cappella! Quand on avait l’impression de sonner comme une chorale, on savait que ça ne marchait pas.» Les chanteurs s’entendent aussi pour dire que le défi était d’apporter quelque chose de différent à chaque morceau. «Quand une pièce te touche, mais que tu ne peux pas reproduire cette émotion en la reprenant, tu es mieux d’abandonner», croit Normand Miron.

Michel Faubert souligne toutefois que le fait de reprendre des chansons de façon dépouillée a permis à la formation de redécouvrir des textes d’une grande profondeur : «Quand tu chantes La comète de Dédé Fortin, crois-moi, les paroles ne peuvent que te rentrer dedans!»

Nouvelles fréquentations
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