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Marie-Josée Croze revient à Montréal

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Quand Marie-Josée Croze a accepté le rôle de Mary dans le film Another Kind of Silence de Santiago Amigorena (A Few Days in September), c’était sans accorder tellement d’importance au fait que ce rôle l’amènerait à venir travailler à Montréal. «C’est en arrivant ici, la semaine dernière, que j’ai réalisé avec bonheur que je retrouvais des techniciens que je connaissais, qui sont des amis, raconte-t-elle. Mais sinon, ça ne change pas grand-chose. Quand je suis en tournage, je m’investis complètement dans celui-ci et je n’ai pas envie de faire autre chose. J’aurais donc aussi bien pu être à Tokyo qu’à Montréal ; je ne m’en serais pas vraiment rendu compte!»

Dans Another Kind of Silence. la comédienne joue Mary, une policière torontoise – à l’écran, Montréal deviendra en effet la Ville Reine – dont le mari et le fils ont été assassinés par le neveu d’un trafiquant de drogue qu’elle a mis sous les verrous un an plus tôt. Mûe par un désir de vengeance, la jeune femme part en Argentine à la poursuite du meurtrier. «Malgré les apparences, l’intrigue policière n’occupe qu’environ 10 % du film, assure Santiago Amigorena.  C’est aussi un road movie, un drame… Quand on réalise un film d’un certain genre, il est beaucoup plus intéressant de ne pas se limiter aux frontières de ce genre.»

C’est la chance de jouer un rôle «plus dense et complexe que les personnages féminins qu’on voit d’habitude» qui a convaincu Marie-Josée Croze d’accepter de tenir la vedette de Another Kind of Silence. «L’histoire est tout de même assez simple, mais en arrivant sur le plateau de tournage, j’ai réalisé que je découvrais de nouveaux éléments à propos de ce personnage, explique l’actrice. C’est vraiment génial parce que, chaque jour, je suis excitée à l’idée de venir travailler parce que je ne sais pas ce qui va se passer. Santiago m’appuie beaucoup, mais je sens aussi que je peux explorer des choses, des émotions, et donner mon point de vue sur des scènes que j’avais imaginées de telle ou telle manière. Il me laisse beaucoup de liberté.»

Si Santiago Amigorena connaissait bien le travail de Marie-Josée Croze, c’est son rôle dans Les invasions barbares qui a particulièrement inspiré son choix. «Le personnage qu’elle jouait dans Les invasions était plutôt proche de celui que j’ai écrit», croit-il. La comédienne, quant à elle, raconte avoir d’abord abordé le scénario comme une spectatrice : «J’essaie toujours de procéder de cette façon quand je choisis mes rôles; je m’exclus du projet et je décide si le scénario présente un intérêt, s’il est original… Ensuite, je réfléchis à savoir si je suis la bonne personne pour jouer ce personnage. Il ne faut pas accepter un rôle pour les mauvaises raisons.»

Au-delà de la langue

Un accent français ou québécois pour Marie-Josée Croze dans Another Kind of Silence? Aucune de ces répon­ses! Comme l’action du film se déroule à Toronto et en Argentine, c’est en anglais et en espagnol que s’exprime la comédienne. «Il y a surtout beau­coup de moments de silence, affirme-t-elle. Mais d’une façon ou d’une autre, en anglais, en français ou en espagnol, la langue n’est pas vraiment une variable pour moi. L’émotion, à mon avis, se transmet au-delà de la langue dans laquelle on s’exprime.»

 Pour Santiago Amigorena, écrire en plusieurs langues est un réflexe. «Je suis Argentin d’origine, mais je vis à Paris depuis 35 ans, dit-il. J’ai toujours parlé plusieurs langues, donc ça me semble plus naturel d’écrire ainsi!»

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