C’est bien connu, Pierre Lapointe ne fait rien comme tout le monde. Alors que la plupart des artistes fêteraient leurs 10 ans de carrière en lançant une compilation de leurs plus grands succès, le chanteur montréalais opte pour un album live de sa présente tournée, Pierre Lapointe seul au piano. Enregistré en novembre 2010 à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, le disque comprend des versions minimalistes des compositions de l’artiste. Hormis Au bar des suicidés et autres Deux par deux rassemblés, l’album comprend plusieurs titres qui feront le bonheur des collectionneurs, dont Les vertiges d’en haut et L’amour solaire, qui se trouvaient sur un EP à édition limitée offert avec les 15 000 premières copies de Sentiments humains. Pierre Lapointe y interprète également Moi, Elsie, un morceau qu’il a écrit pour Elisapie Isaac avec Richard Desjardins.
Nous avons rencontré le bourreau de travail qui, au cours des prochains mois, planchera notamment sur Conte crépusculaire, une collaboration avec l’artiste visuel David Altmejd qui sera présentée en mai à la Galerie de l’UQAM.
Tu parcours le Québec et la France depuis plus d’un an avec ta tournée Pierre Lapointe seul au piano. Commences-tu à en avoir marre de jouer sans musiciens?
Oui et non. Avant les Fêtes, j’ai tellement fait de shows que je n’étais plus capable! J’étais à bout. C’est pour ça que j’ai décidé de jouer avec le contenu du spectacle. J’ai ajouté des chansons et j’en ai enlevé d’autres. J’ai changé des affaires parce que je commençais à m’endormir.
Dans tes spectacles, et plus particulièrement dans celui-ci, tu t’amuses beaucoup avec le public entre les chansons. Tu fais des blagues, tu rigoles… Pourquoi ne retrouve-t-on pas ces interventions sur l’album?
Parce que, sur disque, ces trucs-là, ça ne vieillit pas bien. Quand t’écoutes un CD dans ton char, t’as pas envie d’entendre un gars monologuer.
Crois-tu avoir réussi à élargir ton public avec ce spectacle épuré, plus intime, dont la mise en scène n’est pas aussi élaborée que celle de tes précédentes tournées?
Je ne sais pas. Les gens qui me connaissent savent que je ne leur sers pas la même affaire à chaque tournée. C’est rendu ma marque de commerce : quand vous venez voir un show de Pierre Lapointe, il faut que vous vous attendiez à tout.
On a annoncé l’ajout d’une deuxième supplémentaire à Conte crépusculaire, ce qui est plutôt rare pour un projet aussi pointu. Ressens-tu une certaine pression compte tenu du fait qu’une grande partie des billets ont trouvé preneur parce que le nom de Pierre Lapointe, le chanteur, était sur l’affiche?
Je ne le prends pas sur mon dos parce que c’est un projet collectif. Les gens ne pourront pas dire que ce n’est pas bon, parce qu’ils n’auront jamais vu quelque chose de pareil. Le pire qui puisse arriver, c’est que le monde s’emmerde, mais ils n’auront pas le temps de se rendre là, parce que ça dure 40 minutes… De toute façon, comment veux-tu t’emmerder dans l’univers
de David Altmejd?
Comment en es-tu venu à signer la musique du Vendeur, le premier long métrage de Sébastien Pilote?
C’est lui qui m’a approché. Il m’a montré son court métrage [Dust Bowl Ha! Ha!], qui m’a jeté par terre. Je ne m’attendais à rien et j’ai braillé tellement j’étais ému.
As-tu aimé ton expérience?
J’ai adoré ça. Au début, Sébastien m’a dit : «On n’a pas d’argent.» Et j’ai répondu : «Tant mieux : on n’aura pas de pression.» C’était ma crainte en me lançant dans l’écriture d’une musique de film. J’avais peur d’avoir un gros budget sur le dos et un producteur qui regarde au-dessus de mon épaule. Mais là, ce n’était pas du tout le cas.
Pierre Lapointe seul au piano
En magasin mardi