Radio-Canada insiste : Vie de quartier a beau être une série d’animation, les enfants ne constituent pas son public cible… du moins, pas exclusivement. «C’est pour tout le monde», dit la directrice des programmes à la Société d’État, Louise Lantagne.

Avec une diffusion les lundis soir à 19 h 30, on aurait dû s’en douter. Prenant la case horaire des Parent à partir de la semaine prochaine, Vie de quartier est la premiè­re sitcom animée présentée à heure de grande écoute à la SRC. Contrairement à ses pendants américains, cette comédie mise sur un humour bon enfant formaté pour les 7 à 77 ans. Oubliez les blagues salées de South Park, le propos satirique des Simpsons et les pitreries complètement déjantées de Family Guy; Vie de quartier préfère le badinage sans conséquence, ce qui n’est pas un défaut en soi, mais…

L’action de Vie de quartier tourne autour de Dédé Tremblay, un sympathique père de famille propriétaire d’un immeuble résidentiel où habitent une pléiade de locataires névrosés. Parmi ceux-ci, on trouve plusieurs vieux personnages créés par Dominique Lévesque et Dany Turcotte, dont Simard (le comptable moustachu), Robert Bouvier-Bernois (le riche et vantard promoteur immobilier), Dany Verveine et, bien entendu, le p’tit monsieur fatigué. De son côté, Marie-Lise Pilote renoue non pas avec son célèbre personnage de méchante, mais bien avec la mère de celle-ci, âgée de 98 ans. (On nous a toutefois assuré que la véritable «méchaaaante» visiterait sa maman durant la première saison.) Quel­ques nouveaux personnages viennent se greffer à ce noyau coloré, dont les enfants de Dédé, Ti-Poutte (Johanne Garneau) et Audrey (Marie-Lise Pilote), son ex-femme devenue lesbienne Jasmine (Julie Le Breton) et son meilleur ami Bruno (Lévesque).

Le premier épisode introduit tout ce beau monde de façon amusante lorsque de Dédé découvre un crâne sur son terrain. Apeuré, il fera le tour de ses locataires afin de connaître l’identité de celui qui a enterré cet ossement. Sa petite quête prendra des proportions démesurées lorsqu’une archéologue zélée (Sylvie Moreau) le poussera à l’expropriation.

Pleine d’imagination, cette demi-heure ne soulève toutefois pas assez de rires. Les retrouvailles avec les héros du Groupe sanguin ne s’avèrent pas à la hauteur de nos attentes. Les répliques un peu trop édulcorées des personnages manquent de mordant. À titre d’exemple, citons les paroles de Dany Vervaine au moment de passer aux douanes : «Si j’ai quelque chose à déclarer? Je déclare que vos shorts vous font de méchantes belles fesses!»

Le deuxième épisode souffre également de cette carence, et ce, malgré les présences vocales d’Edgar Fruitier (en entrepreneur de pompes funèbres) et de la comédienne qui assure la voix de Bart dans la version québécoise des Simpsons, Johanne Léveillée (en garde-malade). D’autres personnalités connues se prêteront au jeu du doublage au cours de la saison, dont Michel Côté et Guy Nadon.

Une chose qu’on ne peut reprocher aux créateurs de la série, c’est d’avoir lésiné sur l’action. Chaque épisode de Vie de quartier comporte assez de rebondissements pour capter notre attention pendant une bonne demi-heure. Réalisée par Sylvain Lavoie et conçue par les frères Yvon et Christian Tremblay, Vie de quartier a été entièrement produite au Québec, grâce à l’aide du logiciel Toonboom, apparu sur la scène il y a cinq ans à peine. La première saison compte 13 épisodes.

Vie de quartier
À Radio-Canada
Lundi à 19 h 30

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