Le réalisateur palestinien Elia Suleiman sera de passage à Montréal pour discuter de ses films. Entretien.

Invité par la Fondation DHC/Art dans le cadre de l’exposition Chronique d’une disparition, Elia Suleiman est un des chouchous des cinéphiles internationaux. Il a d’ailleurs remporté le prix du Jury au Festival de Cannes pour Intervention divine. Ce n’est pourtant pas pour ce film qu’il débarque à Montréal cette semaine, mais plutôt pour parler de sa dernière réalisation, Le temps qu’il reste, et de son premier long métrage, Chronique d’une disparition.

«Il y a plein de liens à faire entre les deux films, rappelle le cinéaste palestinien lorsqu’on le joint au téléphone. Autant sur le plan de la mise en scène que des idées générales et des clins d’œil que j’ai insérés ici et là.»

En effet, les parallèles sont nombreux. Sa propre famille apparaît à l’écran, les histoires racontées sont à demi autobiographique, et il est question des relations entre Palestiniens et Israéliens. Bien que ses opus mélangent gravité et burlesque, politique et poésie, ce ne sont pas ces symbioses qui posent problème à son auteur.

«Mon plus grand défi, lorsque je fais un film, c’est de raconter l’histoire sans recourir à des dialogues informatifs, confie-t-il. Je veux que mes images parlent par elles-mêmes, sans devoir recourir à la narration. Lorsque j’écris un script, c’est à ça que je travaille le plus fort.»

Elia Suleiman, qui a vécu à New York pendant près d’une décennie, ne se lance pas dans un tournage à la légère. Cela explique pourquoi il a réalisé seulement 3 longs métrages en 14 ans. «Je suis seulement capable de faire les films qui me rongent de l’intérieur. Et comme je fais uniquement des films personnels, que je n’adapte pas de romans et je ne tourne pas de scénarios d’autres personnes, j’ai besoin de vivre et d’expérimenter pour créer. Ça prend du temps. Surtout que j’ai peur de me répéter. Je cherche continuellement à me réinventer avec des sujets différents et des nouvelles façons de raconter mes histoires…»

Le temps qu’il reste sera projeté ce soir, à 19 h, à l’auditorium Maxwell-Cummings du Musée des beaux-arts de Montréal. Chronique d’une disparition sera projeté demain, au même endroit, à la même heure. Le cinéaste sera sur place. Entrée libre.

Les temps qui changent
Lorsqu’il parle de Chronique d’une disparition, qu’il a réalisé en 1996, Elia Suleiman ne peut passer sous silence Le temps qu’il reste, qu’il a fait en 2009 et qui aborde plusieurs thèmes connexes. Entre ces deux étapes marquantes de son processus créatif, celui qui est souvent comparé à Jacques Tati et à Buster Keaton a vu son univers cinématographique se définir davantage.

«Plus les années passent, plus mon ciné-ma devient personnalisé. Dans Chronique d’une disparition, j’aimais expérimenter et naviguer dans un monde absurde. J’étais encore jeune, et je n’étais pas toujours sûr de moi. Cette timidité s’est estompée avec le temps. Dans Le temps qu’il reste, je suis beaucoup plus personnel. Je me mets à nu, j’opte pour une approche plus intimiste.»

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