Lionel Cironneau Xavier Dolan. Lionel Cironneau / The Associated Press

MONTRÉAL – Jamais deux sans trois: le troisième film de Xavier Dolan, «Laurence Anyways», sera présenté au prochain Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard.

Si la plupart des cinéastes se seraient immédiatement réjouis d’apprendre une telle nouvelle, le réalisateur de 23 ans n’a pas caché que sa première réaction avait été la déception. Il espérait en effet que sa dernière oeuvre soit retenue pour la compétition officielle du prestigieux festival.

«C’était pas forcément la nouvelle qu’on attendait, alors c’est sûr qu’il y a une forme de déception», a-t-il admis jeudi matin lors d’un point de presse à Montréal. «Mais ça reste la sélection officielle, ça reste le rendez-vous du cinéma mondial le plus couru et ça reste pour moi un honneur.»

Il a toutefois soutenu que le dépit qu’il avait d’abord ressenti avait été rapidement remplacé par l’excitation de retourner à Cannes, un endroit significatif pour lui.

C’est en effet sur la Croisette que le jeune homme a fait ses débuts fracassants dans le septième art avec son premier film, «J’ai tué ma mère», en 2009. Projeté dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, le long métrage avait raflé trois prix et propulsé son créateur sur le devant de la scène.

Son deuxième film, «Les amours imaginaires», avait aussi été présenté dans la catégorie Un certain regard en 2010.

«Cannes a été mon premier vrai contact avec le cinéma. C’est là où je suis vraiment né en tant que cinéaste», a-t-il expliqué. «C’est ce qui fait que, par un élan d’orgueil ou un sursaut d’ego, je n’étais pas vraiment enclin à refuser l’invitation. Cannes m’aurait trop manqué.»

Interrogé au sujet de la déclaration de Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, qui a laissé entendre après le dévoilement de la sélection, jeudi, que Xavier Dolan était jeune et qu’il avait encore bien le temps de voir l’un de ses films compétitionner pour la Palme d’Or, le principal intéressé a dit ne pas adhérer à ce genre de philosophie.

«Je pense que, dans un festival, on invite des films, pas des gens», a-t-il tranché, ajoutant qu’il croyait que son âge avait effectivement joué pour beaucoup dans son exclusion de la compétition officielle. «Mais on n’a pas vu la sélection de M. Frémaux, on n’a pas vu cette compétition. Soyons honnêtes, ce sont des gens extrêmement importants. Si ‘Laurence Anyways’ n’avait pas sa place là, je ne peux rien y faire.»

«Laurence Anyways» met en vedette Melvil Poupaud dans le rôle d’un homme qui décide de devenir une femme et qui est accompagné dans cette transition par sa fiancée, incarnée par Suzanne Clément, et sa mère, interprétée par Nathalie Baye.

Le film prendra l’affiche au Québec en mai, soit à peu près au même moment où il sera présenté au 65e Festival de Cannes, qui se déroulera du 16 au 27 mai. Il sortira en France le 18 juillet.

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