Stéphane Najman Le Vent du Nord est composé d’Olivier Demers, Réjean Brunet, Nicolas Boulerice et Simon Beaudry.

Le groupe de musique traditionnelle Le Vent du Nord ne désire qu’une chose pour ses 10 ans d’existence : avoir une plus grande place dans les oreilles et dans la conscience des Québécois.

«Il faut que les gens arrêtent de penser que le trad, c’est juste de la musique du temps des Fêtes, fait remarquer Réjean Brunet, l’un des quatre multi-instrumentistes de la formation. En tant que Québécois, ça fait partie de nous, de notre identité.»

Avec ses comparses Nicolas Boulerice, Olivier Demers et Simon Beaudry, M. Brunet donne chaque année une centaine de spectacles aux quatre coins de l’Amérique, de l’Europe et de l’Océanie. Il a pu constater que la musique traditionnelle québécoise a quelque chose d’unique. «Près de 70% de nos spectacles ont lieu à l’extérieur, et, chaque fois, notre musique surprend les gens, parce qu’ils n’ont jamais rien entendu de pareil.»

La musique de la Belle Province, riche en histoire, permet au groupe d’émailler ses prestations d’un peu d’éducation politique. «On explique aux gens que nous faisons des chansons qui viennent du Québec, et d’autres qui viennent du Canada… Ça amène un questionnement sur la souveraineté, raconte Réjean Brunet. Certains viennent nous en parler après le show et, quand on leur explique la situation, ils comprennent!»

On a la chance d’avoir conservé notre langue et notre musique. Il faudrait l’enseigner plus pour éviter qu’elles ne disparaissent des mémoires. - Réjean Brunet

Et même s’ils se défendent de «parler politique à tout bout de champ» sur scène, les gars de Le Vent du Nord veulent «prendre plus de place sur le plan des idées». «Nous voulons nous prononcer, sonner une cloche aux gens, mais toujours avec notre son trad», affirme le musicien. C’est pourquoi le septième album de la formation, Tromper le temps, contient des compositions engagées. Lettre à Durham, par exemple, parle de la survie de la langue française. «Nicolas [Boulerice] a écrit la chanson un lendemain de Saint-Jean, pour dire que le français n’est pas mort au Québec, et qu’il est là pour rester», précise M. Brunet.

Le Diable et le Fermier, une version solo d’un vidéopamphlet réalisé en collaboration avec Les Charbonniers de l’Enfer et Galant tu perds ton temps, dénonce quant à elle l’exploitation des gaz de schiste. Les ressources naturelles sont l’une des préoccupations du groupe, qui a participé à la marche du Jour de la Terre à Montréal dimanche dernier. «Si on ne prend pas notre place dans les décisions sur nos ressources, c’est quelqu’un d’autre qui va décider pour nous!», rappelle-t-il.

Le Vent du Nord souhaite également s’imposer davantage sur les ondes radiophoniques. «Au Québec, les gens nous disent qu’ils n’ont jamais entendu notre musique avant, parce qu’elle ne passe pas à la radio», se désole le musicien. Selon lui, c’est l’une des raisons pour lesquelles le groupe, qui a déjà gagné deux Juno, n’a jamais remporté de Félix. «Mais pour moi, le vrai combat, il ne se passe pas à l’ADISQ. Il se passe dans la conscience collective, clarifie-t-il. Il faudrait que les gens aient la possibilité d’être exposés à la musique trad… Il faut que nos radios gardent le mandat de diffuser de la musique trad et de la promouvoir.»

Réjean Brunet tient toutefois à adoucir ses propos. «On ne chiale vraiment pas là, a-t-il assuré. À l’international, ça marche super bien. C’est juste qu’on aimerait ça jouer plus souvent chez nous, ici, au Québec.» Voilà, c’est dit!

Tromper le temps
Présentement en magasin
Lancement mercredi à 18 h
Au Cabaret le Lion d’or

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