Collaboration spéciale Le groupe Miike Snow a récemment lancé son deuxième album, Happy to You.

L’électro-pop de Miike Snow baigne dans les non-dits. Explications du chanteur Andrew Wyatt.

Trois ans après son premier album acclamé, le trio électro-pop Miike Snow (les Suédois Christian Karlsson et Pontus Winnberg, du duo Bloodshy & Avant, et l’auteur-compositeur new-yorkais Andrew Wyatt) récidive avec Happy to You, un deuxième opus qui s’éloigne des formules pop couplets-refrain plus convenues. Les gars, qui donnent autant dans le mélancolique (Sans Soleil, Sylvia) que dans le résolument dansant (Animal, Black & Blue), cultivent le mystère depuis leurs débuts.

Il y a cet emblème de chacal ornant toute production signée Miike, ce penchant pour le port de masques et de capuchons sur scène, ces récents clips relatant le récit bizarroïde de gens enlevés par des extraterrestres en quête de l’être humain «parfait»… Même la voyelle de trop dans leur nom, un clin d’œil au réalisateur culte Takashi Miike, laisse planer le doute. Que faire de toute cette symbolique? Nous en discutons avec le très réfléchi chanteur Andrew Wyatt.

Vous avez grandi à New York au sein d’une famille vraiment calée en musique. Quel a été l’élément déclencheur de votre carrière?
Je pourrais vous dire que c’est d’avoir été profondément bouleversé par Jane’s Addiction à Madison Square Garden en 1990, ou encore par tous les musiciens jazz que j’ai vus avec mon père (Art Blakey, Sunny Rollins). Mais je ne voyais simplement aucune autre issue, aucune autre façon de résoudre le mystère de mon existence.

Vous avez d’abord produit de véritables bombes pop – Bloodshy pour Britney Spears et Kylie Minogue, vous pour Bruno Mars et Mark Ronson. Passer de l’arrière-plan à l’avant-scène, est-ce que cela vous tracassait?
Oui, mais la bonne nouvelle, c’est qu’aucun d’entre nous ne soit devenu une personnalité médiatique. On parle du groupe, on mentionne parfois le travail de Bloodshy sur Toxic de Britney Spears, et c’est parfait comme ça. Notre but a toujours été que le band soit populaire sans que nous soyons reconnaissables individuellement. Ça rejoint l’idée que nous créons un univers qui n’a rien à voir avec nos vies privées.

Votre série de vidéoclips remet en cause un tas de mécanismes de contrôle, tout en laissant libre champ à l’interprétation. C’est l’approche que vous prônez en général?
Oui, c’est pareil pour le chacal et notre nom de groupe… C’est ce qui donne à l’art son impératif esthétique et émotionnel. Si les gens veulent en tirer des conclusions politiques ou sociales, ça leur appartient. Mais si quelque chose retient l’attention de façon purement esthétique ou émotionnelle, c’est que ça marche.

Miike Snow
Au Métropolis
Mercredi à 20 h

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