Un dansothon: danser pendant 12 heures pour une bonne cause. C’est ainsi que le cofondateur du Black & Blue décrirait son événement, alors qu’il revient sur l’évolution de ce festival gai au fil des années, à l’aube de la 25e édition.

Quand Robert J. Vézina a créé le festival Black & Blue, avec son acolyte Christian Beaudry, en 1991, l’objectif était purement ludique.

«Nous étions deux jeunes gais qui voyagions beaucoup, et dans des villes comme New York et Los Angeles, il y avait des gros partys gais, ce qu’on n’avait pas à Montréal», explique candidement M. Vézina.

Voyant le succès de la première édition, les fondateurs ont remis les profits à l’organisme SIDA bénévoles Mont­réal. Le Black & Blue était né.

Depuis sa création, la Fondation BBCM (qui organise le festival chaque année) a donné 1,4M$ à des organismes venant en aide aux personnes atteintes du VIH/sida à Montréal.
Mais en 25 ans, le party a bien évolué.

«En fait, d’un seul party en 1991, c’est devenu un vrai festival d’une semaine avec des activités socio-culturelles, culinaires, sportives, explique M. Vézina. Et c’est devenu plus inclusif, ouvert, il y a beaucoup de straights qui y participent maintenant.»

Red Light
Cette année, le festival se déroulera sous le thème «Red Light District Montréal», qui évoque à la fois le passé festif de la ville et la réputation de nightlife qu’elle a acquise à l’international grâce au Black & Blue.

L’événement principal aura lieu dimanche, à partir de 22h, et durera jusqu’au lendemain matin. Durant la nuit, de nombreux DJ montréalais et européens se succéderont. Mais il y aura également plusieurs spectacles, notamment d’artistes burlesques, de drag queens, d’acrobates. Et une performance de Stéphane Moraille (l’ancienne chanteuse vedette de Bran Van 3000), de Lulu Hugues et de Kim Richardson (voir encadré).

«Le Black & Blue, ce n’est pas juste un DJ, de la musique et des lumières, insiste Robert J. Vézina. C’est une expérience immersive, interactive et multi-disciplinaire.»

«Le B&B a fait la renommée de Montréal à l’international et a prouvé que les gais sont capables de s’organiser pour une bonne cause, face à la crise du sida.» – Robert J. Vézina, cofondateur du festival Black & Blue

25 ans de lutte
Le contexte et la place réservée à la communauté gaie ont beaucoup changé en 25 ans à Montréal, et le créateur du festival croit que le Black & Blue a contribué à lutter contre l’homophobie. Mais certains obstacles demeurent toujours, même en 2015.

«C’est sûr que ç’a beaucoup changé, les autorités policières collaborent avec nous maintenant. Mais c’est toujours une bataille. Il y a beaucoup de réticence du privé, des banques par exemple, à embarquer dans l’événement. C’est un peu insidieux, parce qu’ils ne le diront jamais, mais ils vont toujours dire non à notre demande de commandite.»

Stéphane MorailleUn grand honneur
Stéphane Moraille, mieux connue comme la soul diva de Bran Van 3000, se dit honorée de participer au 25e anniversaire du festival.

«Ça fait longtemps que je milite pour la cause du VIH et que je participe au Black & Blue», explique la chanteuse.

Elle est donc très heureuse de chanter en compagnie de Lulu Hugues et de Kim Richardson, qui sont pour elle «les plus grandes voix de Montréal».

«Mais je suis aussi triste, parce que je me rappelle, quand j’ai commencé à militer pour la cause, que j’avais participé à un spot publicitaire pour un possible vaccin. J’étais pleine d’espoir. Et 15 ans plus tard, on n’a toujours pas trouvé de cure à cette maladie.»

Les trois femmes pousseront la note le temps d’une chanson, vers 2h du matin, dans la nuit de dimanche à lundi, pendant l’événement principal du festival. «Je ne sais pas encore comment je vais faire, parce qu’en temps normal, je me couche à 9h!» lance à la blague la maman.

Impossible toutefois d’avoir des détails sur ladite performance; Stéphane Moraille reste muette comme une carpe.

Black & Blue 2015
Du 7 au 13 octobre

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