Chantal Levesque/Métro

La température automnale n’a pas empêché le concert d’ouverture des 28e FrancoFolies de Montréal de donner le coup d’envoi à la saison chaude. Coup d’œil en quatre temps sur une soirée d’ouverture toute en hip-hop, qui a enflammé la foule nombreuse réunie sur la Place des Festivals.

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Brown

Après que le responsable de la programmation Laurent Saulnier ait déclaré cette 28e édition «fucking ouverte!», donnant le ton à une soirée en franglais, les frères David (Jam, de K6A) et Grégory Beaudin-Kerr (Snail Kid, de Dead Obies), leur papa Robin Kerr et le DJ Toast Dawg ont entamé le spectacle sur des sons de guitare sèche et de rythmes des îles, avant de plonger dans le hip-hop, sous une pluie intermittente, devant une foule déjà étonnamment bien garnie. Voguant entre l’anglais et le français («So les pâles m’ont dit que j’étais foncé, pis les foncés m’ont dit que j’étais really fucking pâle, you know?» nous a lancé Snail Kid au début de la chanson au nom du groupe) le paternel et ses garçons ont bien réchauffé la Place des Festivals, autant avec leur musique qu’avec leur chimie unique. «Yo, c’est mon papa, sérieux!» «C’est NOTRE papa!» ont lancé les frangins à la foule, l’air admiratif – avec raison.
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Alaclair Ensemble

«Si ce band-là n’avait pas sorti il y a quelques années un album qui s’appelle 4,99… Pas sûr qu’on serait ici aujourd’hui», a lancé Laurent Saulnier pour présenter le collectif «postrigodon bas-canadien» Alaclair Ensemble. Au célèbre son du générique d’ouverture des films de la 20th Century Fox (l’un des nombreux échantillonnages des compères, qui nous ont aussi gratifiés d’un Ô Canada et d’un Rapper’s Delight tout personnels), la joyeuse bande a bondi sur scène avec les rimes absurdes de Mon cou. Déjà le public sautillait frénétiquement devant les rappeurs et Robert Nelson, leader du groupe, les a enjoint de «s’accroupir», «C’est bon pour les mollets!» Plus tard, l’entièreté du groupe a entrepris de faire du bodysurf dans la foule. À un autre moment encore, Robert Nelson a fait remarqué qu’il manquait quelque chose… «Le plus bel homme du Québec…» Et tel Moïse séparant les eaux, il a fait venir à travers la foule le comparse Claude Bégin. Un slow sur Câlinours, les garçons gambadant sur scène, des push-up au beau milieu d’une pièce, ou un «message d’intérêt général: si vous êtes obligés de prendre de la drogue, prenez-en pas de la grosse, prenez-en de la petite»… S’il y a des gens qui ne connaissaient pas encore le style du collectif, ils l’auront compris: avec Alaclair, le second degré et l’humour sont omniprésents, et quoi de mieux pour créer une ambiance complètement survoltée malgré le temps morne?
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Dead Obies

Après le postrigodon, place au post-rap de Dead Obies. Le sextuor a immédiatement provoqué une vague de bras en l’air: «Est-ce qu’on a des homies dans la place ce soir?» Oui, bien sûr! Après tout, les bêtes de scène avaient rempli trois soirs le Centre phi pour l’enregistrement devant public de son petit dernier, Gesamtkunstwerk. La bande a offert une prestation énergique et sans fausse note, qui a électrisé les fans jusqu’à la dernière note. Fidèle au franglais qui parsème les pièces, l’un des leaders du collectif, Yes McCan, n’a pas manqué d’envoyer un «maximum shout-out» à son comparse de Brown pour la première partie et envoyé un «maximum de love» aux FrancoFolies…

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Loud Lary Ajust (et Koriass)

Avant que Loud Lary Ajust ne fasse son apparition, Laurent Saulnier a proposé une petite surprise: Koriass s’est pointé sur la scène Ford, parce que «cet événement historique ne pouvait pas se passer sans lui», dixit le responsable de la programmation. Le rappeur a offert une brève prestation avant de céder la place à l’attendu trio.

Clôturant la soirée, le groupe devenait en quelque sorte le clou de celle-ci, quoique les invités étaient pratiquement tous aussi attendus les uns que les autres ce soir. Après quatre heures en ligne de hip-hop, le trio, dont le rap était rehaussé par un guitariste et un batteur, avait réussi, au moment d’écrire ces lignes, à maintenir l’énergie du public à son paroxysme. Le «rap queb», c’est clair, Montréal en redemande!

«Est-ce que vous réalisez que le rap québécois, c’est ça qui se passe au Québec en ce moment? On est les nouveaux Robert Charlebois, les nouveaux Beau Dommage!» –Koriass

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