Graham Hughes/La Presse canadienne Le maire Gérald Tremblay

QUÉBEC – Le ministre Bernard Drainville rencontrera bientôt le maire de Montréal, Gérald Tremblay, pour parler de la réforme du financement des partis municipaux.

Aucune date n’a encore été fixée, mais le ministre responsable des Institutions démocratiques a fait savoir, vendredi, qu’il veut s’asseoir avec lui «le plus tôt possible».

La Ville de Montréal, de même que le maire et son parti sont éclaboussés par de nombreuses allégations de corruption et de collusion depuis le début de la Commission Charbonneau.

Dans une entrevue téléphonique à La Presse Canadienne vendredi, M. Drainville a dit avoir été consterné et atterré par ce qu’il a entendu cette semaine à la commission.

Il a précisé que Gérald Tremblay avait manifesté sa volonté de le rencontrer. «On est en train de regarder quand cela pourra se faire», a-t-il dit.

Le ministre a clairement signifié qu’il veut resserrer les règles de financement des formations politiques municipales, mais tient d’abord à consulter les élus.

«On a pris l’engagement de s’entendre avec le monde municipal sur une nouvelle façon de financer les partis politiques municipaux.»

Il a déjà rencontré le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, et a aussi eu des discussions avec la mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire.

Il s’engage à évaluer la proposition du député caquiste Jacques Duchesneau, qui veut réduire à 100 $ les contributions en politique municipale, à l’instar de ce que propose le PQ en politique provinciale.

«Mais avant d’aller plus loin, il faut savoir de quoi on parle, comment cela fonctionnerait, combien cela coûterait», a-t-il indiqué.

En effet, si le financement des partis municipaux provenant des particuliers est réduit, par un projet de loi, au profit du financement public, il faudra compenser à même le budget des municipalités, car le gouvernement du Québec n’entend pas contribuer, a rappelé M. Drainville.

«Les maires avec qui j’ai eu des discussions comprennent très bien qu’une telle mesure sera financée à même les budgets des villes. Les maires comprennent ça. (…). C’est pour ça qu’il faut s’asseoir avec eux. (…) Il faut que les administrations municipales soient d’accord.»

Jusqu’à maintenant, selon M. Drainville, tous les signaux reçus du monde municipal sont «positifs», en faveur d’un resserrement des règles.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, n’a pas demandé de rencontre, mais a dit qu’il voulait que le gouvernement s’occupe du dossier, a ajouté le ministre.

À la rentrée parlementaire, par ailleurs, la priorité de M. Drainville consistera d’abord à présenter son projet de loi sur la réforme du financement des partis politiques nationaux, avant donc, d’agir en politique municipale.

«On va livrer, il faut livrer, c’est là que les citoyens nous attendent», a-t-il commenté.

Sauf qu’il s’inquiète du silence des libéraux sur la question, puisqu’il a besoin de leur appui pour faire adopter son futur projet de loi. Dans ses attentes pour la prochaine session, le chef intérimaire, Jean-Marc Fournier, n’a même pas fait allusion à l’intégrité ou la lutte à la corruption, a déploré M. Drainville.

«Il faut le faire!» a-t-il dénoncé, en reprochant aux libéraux d’être «largement responsables» du climat actuel. Il demande aux délégués libéraux de faire pression sur leur parti, et sur les candidats à sa direction.

««C’est particulièrement troublant. (L’ex-entrepreneur Lino) Zambito confirme le financement occulte au Parti libéral. (L’ex-fonctionnaire Gilles) Surprenant vient le corroborer. Les deux bras nous tombent. (…). Comment se fait-il que M. Fournier n’avait pas un mot à dire? Il devrait prendre les devants. (…) Je serais gêné à sa place.»

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