Au-delà du demi-million de dollars qu’il a détourné, l’ingénieur Luc Leclerc maintient qu’il a toujours offert un bon service aux entrepreneurs et aux citoyens.
Lorsque les entrepreneurs réclamaient des extras à la Ville pour les dépassements de coûts sur les chantiers, M. Leclerc percevait 25 % du montant.
En échange, M. Leclerc donnait un «service 5 étoiles» aux entrepreneurs. C’est-à-dire qu’il les accommodait en facilitant leur travail dans l’aménagement du chantier, en accélérant le règlement de la facture avec la Ville, bref en assurant un suivi personnalisé des projets.
J’ai beau avoir une conscience élastique, mon élastique ne se rendait pas jusque-là -Luc Leclerc
«C’est pour cette raison que vous dites que les résidants y gagnaient?», a questionné la procureure, Me Sonia LeBel. «Ils n’étaient pas perdants, a confirmé M. Leclerc ajoutant plus tard. Disons que je cherchais toujours une situation gagnant-gagnant, c’était ça le but.»
Les entrepreneurs, eux y trouvaient leur compte, car en plus du service 5 étoiles, si Luc Leclerc percevait 25% sur les extras, eux-mêmes empochaient 75% du montant. Sur cette somme, les entrepreneurs remboursaient leurs dépassements de coût. Comme la valeur de l’extra était gonflée, l’entrepreneur réalisait un plus gros profit.
L’ingénieur a souligné qu’il n’a jamais fait de compromis sur la qualité des matériaux pour toucher plus d’argent.