www.ceic.gouv.qc.ca Roger Desbois

L’ex-vice-président de la firme AECOM-Tecsult, Roger Desbois, a affirmé que les firmes de génie-conseil devaient aussi verser une ristourne de 1% ou 2% au parti PRO des Lavallois, de l’ex-maire Gilles Vaillancourt.

Il a soutenu mercredi, devant la commission Charbonneau, que le taux de 2% s’appliquait de «manière générale» et que le 1% était pour les usines d’épuration de l’eau.

Lui-même a versé deux ristournes, l’une de 25 000$ et une de 50 000$, additionnés de 5 000$US en argent comptant, au notaire Jean Gauthier, à la demande de Jean Bertrand, l’agent officiel du parti. M. Gauthier aurait mis l’argent dans une chemise.

«Je lui ai donné et il m’a dit merci», a-t-il raconté.

Dons partis provinciaux
M. Desbois a contribué aux trois partis politiques provinciaux à la demande de Luc Benoît, son patron chez Tecsult. Lui et sa famille ont versé 23 900$ au PLQ, 12 995$ au PQ et 1000$ à l’ADQ. Ces montants ont été remboursés par la compagnie.

Le témoin a aussi affirmé avoir fait du financement illégal dans plusieurs municipalités, dont Saint-Jérôme, Blainville, Lorraine, Bois-des-Fillion, Ste-Thérèse et Mascouche.

Affaire Ratthé
Le témoin a expliqué avoir remis 30 000$ à Pierre Gingras pour l’élection de Daniel Ratthé à la mairie de Blainville, en 2005. Selon lui, M. Ratthé n’était pas présent à la résidence de M. Gingras lorsqu’il lui a remis les sommes. Daniel Ratthé a été suspendu de son rôle de député de la Coalition avenir Québec mardi, en raison de cette révélation.

Collusion 101
Roger Desbois a aussi donné plus de détails sur le partage des contrats à Laval.

M. Desbois a expliqué que, pour les contrats entre 25 000$ et 100 000$, Claude Deguise, directeur du service de l’ingénierie, invitait deux firmes puis contactait celle qui allait gagner le contrat. La gagnante devait appeler l’autre compagnie pour lui donner son prix, afin que sa soumission soit plus élevée. Il a ainsi corroboré le témoignage de Jean Roberge, directeur général adjoint à la Ville et ancien dirigeant d’une firme de génie-conseil.

Selon le témoin, la situation était similaire pour les contrats, dont la valeur était supérieure à 100 000$. Neuf firmes se sont partagé les contrats d’ingénierie.

«Le choix était fait avant que l’appel d’offres paraisse», a-t-il affirmé, précisant que la décision du partage était prise à un autre niveau que celui de M. Deguise.

Rire du manque d’éthique
M. Desbois a expliqué qu’en 2009, quelques mois après l’achat de Tecsult par AECOM, les ingénieurs ont été soumis à des exercices de simulation pour mesurer leur niveau d’éthique. C’est en se livrant à ces formations qu’il a remarqué la subtilité de la corruption.

«Quand on avait mal répondu, ça faisait gling-gling-gling. […] Sans doute que mon sens de l’éthique était pas assez développé», a-t-il observé, incapable d’arrêté de rire.

«Ce n’est pas très drôle», lui a rappelé le commissaire Renaud Lechance.

Roger Desbois avait expliqué mardi avoir remis plus de 2,7M$ au parti PRO des Lavallois de l’ex-maire Gilles Vaillancourt. L’avocat de l’homme de 75 ans a indiqué que son client souffre de problèmes de santé.

Les neufs firmes de génie-conseil nommées par Roger Desbois:

  1. Dessau;
  2. Cima+;
  3. Tecsult;
  4. Génivar;
  5. MLC;
  6. Filiatrault-McNeill;
  7. Équilux (anciennement Jobin-Courtemanche);
  8. BaFa;
  9. Triax


Un 2 % dès 1996

Le 64e témoin de la Commission Charbonneau, Marc Gendron, a affirmé que l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt lui a demandé dès 1996 de collecter la ristourne de 2 % sur la valeur des contrats octroyés par appel d’offres.

L’homme de 81 ans, qui a fondé la firme de génie Gendron-Lefèvre devenue AECOM-Tecsult, a expliqué avoir remis ces sommes au notaire Jean Gauthier. C’est le troisième témoin à pointer le notaire. Celui qui entretenait une relation amicale avec l’ex-maire Gilles Vaillancourt depuis les années 70 a une santé très fragile.

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