Vincent Auclair

MONTRÉAL – L’ancien député libéral Vincent Auclair a relaté qu’il est devenu une personne indésirable à Laval, après qu’il eut révélé publiquement que l’ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, lui avait offert une enveloppe d’argent en 2002.

Devant la Commission Charbonneau, jeudi, il a raconté que lorsque l’histoire a été rendue publique en 2010, il s’est senti mis à l’écart, tant sur la scène municipale que provinciale. Il s’est aussi senti abandonné par le Parti libéral du Québec, qui a d’abord refusé de le défendre publiquement, selon lui, avant que le premier ministre Jean Charest affirme aux médias qu’il le croyait.

«Croyez-moi: ça m’a coûté cher! Ça a été extrêmement dur! Du jour au lendemain, moi en 2010, le jour que je confirmais cet événement-là, j’étais rendu persona non grata à Laval. Il y a plein d’événements auxquels j’avais contribué et j’étais vraiment… personne ne voulait me voir. Le message était clair: vous ne côtoyez plus le député de Vimont», a-t-il résumé.

Il a reçu une mise en demeure de l’ex-maire Gilles Vaillancourt l’intimant de se rétracter _ mais celui-ci, un an plus tard, a fait savoir qu’il ne pousserait pas plus loin sa menace de poursuite.

Et même l’étude notariale de son père, Auclair et Chartrand, a perdu tous les mandats qu’elle avait avec la Ville de Laval à compter de 2010, a relaté M. Auclair. Un relevé de paiements déposé devant la commission confirme qu’il n’y a plus eu de facturation de cette étude notariale à compter du 9 novembre 2010.

Candidat à Laval pour la première fois en 2002, il était «impressionné» de rencontrer le maire Vaillancourt dans son bureau, a-t-il relaté. «On est à Laval. Rencontrer le maire Vaillancourt, c’est quelque chose!» s’est-il exclamé.

Après 15 minutes de conversation sur la politique, le maire lui a offert une enveloppe d’argent, en lui disant que c’était pour l’aider dans sa campagne électorale. Il l’a d’abord refusée. Puis le maire a insisté, en lui disant de la prendre pour sa famille, puisque la politique, c’est exigeant.

Finalement, le candidat libéral l’a acceptée, en lui disant qu’il la prenait comme contribution au Parti libéral du Québec. Il était déstabilisé, se sentait mal à l’aise.

Il a quitté le bureau du maire Vaillancourt avec l’enveloppe, ce soir-là, et s’est rendu à la permanence du PLQ. Il a raconté sa mésaventure à son organisateur, Louis-Georges Boudreault, un vieux routier du parti.

L’organisateur l’avait rassuré, lui avait dit qu’il avait bien fait et qu’il verrait personnellement à régler la situation _ ce qu’il a fait, selon M. Auclair.

Mais quand l’histoire a été rendue publique en 2010, M. Boudreault ne se souvenait plus de rien, a relaté M. Auclair à la commission. Et plus personne ne s’en rappelait non plus, parmi ceux à qui il en avait parlé à l’époque. Le PLQ ne semblait pas prêt à le défendre publiquement. Il s’est senti seul, abandonné, a-t-il raconté.

M. Auclair se sentait aussi coincé, parce qu’il avait changé de version en cours de route, à l’époque. Au départ, en effet, il avait joué sur les mots, de son propre aveu, en affirmant aux médias que M. Vaillancourt ne lui avait jamais offert d’enveloppe d’argent alors qu’il était «député». En fait, il s’était fait offrir une telle enveloppe, mais alors qu’il était candidat.

M. Auclair, notaire de formation, a finalement été élu député du Parti libéral du Québec en 2003, puis réélu en 2007 et 2008. Il n’a pas sollicité de renouvellement de mandat en 2012.

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