Isabelle Bergeron/TC Media Avec le projet IDENT-Cité, Sophie Carpentier et Alain Paquette oeuvrent à sensibiliser le public aux bienfaits de la forêt en milieu urbain.

Alors que les insectes ravageurs comme l’agrile menacent à court terme la survie de milliers de frênes sur l’île de Montréal, une Chaire de recherche de l’Université du Québec à Montréal collabore avec l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville pour créer une forêt expérimentale. Son but: sensibiliser la population aux bienfaits des arbres en milieu urbain.

Avec sa disposition en double spirale, la nouvelle plantation au fond du parc Basile-Routhier, situé à un jet de pierre de la rivière des Prairies, pourrait donner l’impression qu’elle est le fruit de l’imagination d’un horticulteur fantaisiste. Vous contemplez plutôt la forêt de recherche du projet IDENT-Cité, un outil de vulgarisation scientifique mis à la disposition des citoyens par l’UQAM et Ahuntsic-Cartierville.

«L’arrondissement souhaitait redonner une mission à ce parc. C’est à ce moment que l’idée d’une forêt expérimentale est venue. On voulait parler des arbres et de leur importance», raconte Alain Paquette, concepteur du projet et chercheur à la Chaire CRSNG-Hydro-Québec sur le contrôle de la croissance des arbres de l’UQAM.

Évoquant la double spirale de l’ADN, le parcours de 48 arbres amène le public à se familiariser avec différentes espèces. «À mesure qu’ils avanceront, les visiteurs verront une plus grande diversité», précise-t-il.

Parmi les espèces sélectionnées par les chercheurs de l’UQAM, plusieurs sont moins connues de la population, comme le pin blanc du Japon ou le sapin de Corée. «Nous avons choisi ces arbres parce qu’ils poussent bien dans les endroits restreints, ils sont donc parfaits pour de petites propriétés», explique Sophie Carpentier, étudiante à la maîtrise en sciences biologiques à l’UQAM, qui a animé une série de balades de vulgarisation scientifique organisées par le Cœur des sciences dans le parc Basile-Routhier.

L’arrondissement s’est engagé à verser 23 000$ pendant cinq ans à l’UQAM, sous forme de bourses à des étudiants. Ceux-ci produiront du matériel pédagogique qui servira à animer le site.

Les premières balades scientifiques ont réuni quelques dizaines de visiteurs, se réjouit Mme Carpentier, qui espère réitérer l’expérience dans un proche avenir.

«Les gens ont besoin de se faire confirmer leurs intuitions sur les bienfaits des arbres. Ensuite, ils peuvent retourner chez eux et propager la bonne nouvelle.»

L’arbre, le meilleur ami de l’homme

Les bienfaits des arbres en ville ne sont plus à prouver, rappelle M. Paquette.

«Une étude américaine a constaté la relation entre la hausse des maladies cardio-respiratoires et le taux de mortalité et la perte de la canopée dans une grande ville de l’Ohio. La présence de la végétation a même une incidence positive sur le civisme de la population et le taux de criminalité.»

Une biodiversité à défendre

Quand on sait que la Ville abattra des milliers de frênes, une espèce qui représente environ 20% des arbres du domaine public, et que plusieurs rues deviendront méconnaissables, démontrer l’importance de la diversité s’avère des plus pertinentes, estime Mme Carpentier.

«Dans certains endroits, les gens verront plus de souches que d’arbres vivants, déplore-t-elle. Avant la crise du frêne avec l’agrile, nous avons eu la maladie hollandaise de l’orme. Présentement, la Ville de Montréal a la volonté d’augmenter le couvert forestier. Essayons de remplacer et de ne pas répéter les erreurs du passé en semant des espèces variées.»

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