Plusieurs organisations demandent à la prochaine administration municipale de prendre des mesures pour protéger les milieux naturels de Montréal. La Coalition verte et le Sierra Club Québec dénoncent notamment la disparition des zones humides à Saint-Laurent et Pierrefonds.

La dizaine de représentants de ces groupes réunis mardi estime également que Montréal perd toute crédibilité en tant siège international du Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) en ne protégeant pas ses espaces verts.

«La vie sur Terre est menacée par la chute drastique du nombre d’espèces et de zones humides. Cette crise de la biodiversité est aussi la nôtre, ici», affirme Patrick Barnard du conseil de la Coalition verte.

Sous le nom de «Mouvement 87 %», en référence au 87 % des 272 participants aux audiences de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur Pierrefonds-Ouest qui étaient opposés à toute construction à cet endroit, les organismes ont envoyé un questionnaire aux candidats aux élections municipales.

Il rappelle que la Ville a promis de conserver 10 % de l’île de Montréal à son état naturel, mais que moins de 6 % est protégé présentement.

«Comment préserver ces espaces verts alors qu’ils font l’objet de développement, questionne Liza Mintz, du Sauvons la Falaise, formé en 2016 pour préserver la falaise Saint-Jacques des travaux de l’échangeur Turcot. Il n’est pas nécessaire de construire ici, il y a des alternatives pour permettre à l’économie d’avancer.»

Le mouvement demande une protection intégrale des 245 hectares de Pierrefonds-Ouest, qui font partie du corridor écoforestier de la rivière à l’Orme, un des 10 écoterritoires de la Ville avec la forêt de Senneville et une partie de l’île Bizard, voisines. L’objectif est notamment de stopper le projet immobilier de Cap Nature et de préserver cette zone qui comprend le Cap Saint-Jacques, le nord de Sainte-Anne-de-Bellevue et le boisé Angell.

Technoparc
À Saint-Laurent, une injonction est toujours en cours pour stopper le développement de l’éco-campus Hubert Reeves. L’ornithologue Joël Coutu avait attiré l’attention l’été dernier sur l’intérêt de ce site, qui appartient en partie à Aéroports de Montréal ainsi qu’au Technoparc Montréal. Le petit blongios, un oiseau au statut vulnérable selon le ministère de la Faune, niche dans ses marais.

«Il est nécessaire de renforcer la loi sur les espèces menacées et que le gouvernement confirme la présence du petit blongios dans le Technoparc, qui est l’un des principaux hot spots du Grand Montréal pour les oiseaux», affirme M. Coutu.

Batailles
Des luttes citoyennes ont abouti à la création d’espaces protégés, comme le parc-nature du Bois-de-Saraguay, dans Ahunstic-Cartierville. Pour le parc Meadowbrook, à cheval sur Lachine et Côte-Saint-Luc, le combat dure depuis 25 ans.

«C’est réglé, car il y a maintenant un zonage restrictif qui empêche le développement résidentiel, explique Louise Legault des Amis du Parc Meadowbrook. Mais cela reste un terrain privé, il est donc impossible d’aller y faire du ski de fond en hiver ou d’y promener son chien. Seuls les golfeurs y ont accès en été.»
Mme Legault ajoute que le parc fait partie du «club sélect» de ceux qui ne sont pas ouverts à la population, comme le parc-agricole du Bois-de-la-Roche ou le parc-nature du Bois-d’Anjou.

«Bien que la falaise Saint-Jacques [entre Notre-Dame-de-Grâce et le Sud-Ouest] soit un des écoterritoires de la Ville, elle n’est pas protégée, indique pour sa part Mme Mintz. Quelque 55 espèces d’oiseaux s’y arrêtent. Mais il y a Turcot à ses pieds.»

En plus de préserver ces milieux naturels de l’Ouest métropolitain, le «Mouvement 87 %» souhaite que la municipalité passe à l’action dans l’est de Montréal, qui compte peu d’espaces verts.

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