Deux ans après la mise sur pied d’un comité pour étudier le phénomène de gentrification dans le quartier, l’arrondissement veut dresser le portrait du parc locatif de logements dans Hochelaga-Maisonneuve.

Une étude de l’Institut de recherche nationale scientifique (INRS) permettra entre autres de connaître plus précisément le nombre de propriétaires de logements occupant une même bâtisse, une statistique actuellement inconnue de la Ville de Montréal. Les copropriétés divises (condos) et indivises (plusieurs propriétaires), tout comme les logements locatifs y seront recensés.

«Le but est de documenter le phénomène de conversion d’immeubles, parce qu’il y a eu beaucoup de spéculation sur son ampleur. On cherche à avoir des données d’abord. Ensuite on ira peut-être vers des recommandations», indique le maire de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard.

Selon plusieurs partenaires siégeant sur le comité gentrification, dont les associations de locataires, il est nécessaire d’avoir un portrait statistique, puisque les transformations d’immeubles réduisent la quantité de logements abordables disponibles.

«La gentrification origine de la spéculation immobilière. La valeur des loyers augmente trop et les gens ne peuvent plus l’habiter. On est à l’étape d’avoir un portrait plus précis dans l’espoir d’avoir des solutions pour freiner la gentrification, contrer la hausse des prix des loyers et du coût des maisons», renchérit Guillaume Dostaler, du comité Entraide logement.

Insuffisant
Malgré l’annonce de cette étude, Émilie Lecavalier, du comité B.A.I.L.S, considère que l’arrondissement ne va pas assez loin pour freiner les transformations en cours dans le quartier.

«L’étude peut être intéressante. Mais on a eu l’impression que c’était pour trouver une solution rapide après les discussions du comité. C’est loin d’être suffisant pour aider à combattre la gentrification qui s’installe et qui fait perdre aux gens leurs logements à prix abordables», clame-t-elle.

Hormis l’octroi de ce contrat, les discussions du comité ont mené à une réflexion sur la possibilité de produire un registre des baux et de favoriser le logement social.

«Le but, c’est d’avoir un outil pour mieux contrôler [la gentrification] et que les personnes trouvent des endroits où vivre à prix abordables. En même temps, il faut agir, parce que ces phénomènes-là vont tellement vite», nuance Gabrielle Lapalme, de la Société d’habitation populaire de l’est de Montréal.

Du côté de la députée Carole Poirier, on affirme que les nouvelles données permettront de renforcer la défense des logements sociaux.

Selon le contrat de 23 500$, le chercheur Gilles Sénécal de l’INRS, sera chargé du recensement qui devrait être remis à l’arrondissement en avril.

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