Audrey Clément-Robert/TC Media

Un rapport d’évaluation environnementale du projet de l’Estacade du pont Champlain sur L’Île-des-Sœurs, dont TC Media a obtenu copie, révèle que les travaux de construction auront des effets au plan physique et biologique. Malgré tout, la société des ponts Jacques Cartier et Champlain (PJCCI), qui a commandé l’étude, a décidé d’aller de l’avant avec le déboisement.

En juin, une bande de 15m de long de sous-bois et d’arbres matures sur les berges de L’Île-des-Sœurs a été rasée, une étape nécessaire à la préparation de la nouvelle approche de la piste cyclable.

Selon l’inventaire de la faune et de la flore dans la zone à l’entrée de l’Estacade du pont Champlain réalisé par la firme Stantec Experts-conseils, aucune espèce d’arbres à statut précaire n’a été identifiée.

«Il y a quatre espèces à statut particulier potentiels sur l’île, mais aucun n’a été répertorié entre 2012 et 2015 dans le secteur touché», commente Julie Paquet, la directrice des communications du PJCCI.

Avant le déboisement, la bande de terre comportait 39% d’arbustes et 98% d’herbes. Par ailleurs, la strate arborescente, donc les arbres d’environ 20 mètres, recouvraient près de la moitié de la zone (48%).

Pourtant, la PJCCI a qualifié les coupes à blanc de simple défrichage. «On essaie de limiter au maximum nos interventions et que la structure aie un minimum d’impact sur l’environnement. […] Nous évaluons les possibilités de reboisement», ajoute Mme Paquet.

Oiseaux
Plusieurs résidents ont dénoncé le déboisement où nichaient différentes espèces d’oiseaux. Des nids détruits ont été aperçus écrasés par la machinerie qui a procédé aux coupes.

Le rapport environnemental fait état de 11 espèces observées dans le secteur, et c’est à L’Île-des-Sœurs qu’on retrouve le plus grand nombre de ces oiseaux.

Mme Paquet affirme qu’«il n’y a pas d’espèces menacées donc pas de problème de déboisement ni de mesures particulières qui sont prises. Où il y a les travaux, les oiseaux sont capables de se tasser quand il y a de l’activité.»

Poissons
L’esturgeon jaune, qui a un statut de conservation particulier, fraie à proximité du pont Mercier, en amont de l’Estacade. Deux autres espèces à statut particulier, l’alose savoureuse et l’anguille d’Amérique, sont susceptibles d’effectuer une migration dans la zone à l’étude.

Toutefois, le rapport dévoile qu’il n’y a pas eu d’étude sur les corridors de migration dans cette zone. La PJCCI peut toutefois affirmer que ces corridors ne se situent pas près des berges. D’après Mme Paquet, «les travaux ne touchent pas à l’eau, donc aucun enjeu pour l’habitat du poisson et le frai.»

De plus, elle avance que les nombreuses barges sur lesquelles les travailleurs vont s’affairer à renforcir l’Estacade n’affecteront pas la vie sous-marine.

Amphibiens
Finalement, le seul habitat à risque identifié était celui de la couleuvre brune. «Trois ont été dénombrées. Il est prévu de les déplacer dans un enclos qui se situe plus loin à la Pointe-Nord de l’île», explique Mme Paquet.

Toutefois, dans un rayon de cinq kilomètres, on retrouve une vingtaine d’amphibiens et autant de reptiles comme la grenouille léopard, le necture tacheté, la couleuvre rayée et la tortue peinte.

La PJCCI a statué que l’habitat où ils se trouvaient n’était pas propice à leur développement avec ses talus rocheux et sa végétation, c’est pourquoi, aucune mesure n’a été prise pour les déplacer.

Malgré la faune particulièrement active à l’entrée de l’Estacade du côté de L’Île-des-Sœurs, non seulement la PJCCI est allée de l’avant avec le déboisement, mais aucune période de restriction ne sera en vigueur durant les travaux de construction de la piste cyclable et du renforcement du tablier qui ont lieu jusqu’en mai 2016.

L’étude environnementale de la PJCCI : http://pjcci.ca/wp-content/uploads/2013/10/Estacade-Environnement_biffe.pdf

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