Denis Coderre est satisfait du déroulement de la première journée de déversement d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Près de 15h après le début du rejet, l’impact est peu perceptible sur les berges.

Les travaux d’assèchement et de réparation de l’intercepteur sud-est en prévision de la construction de la chute à neige Riverside, vont bon train. Ceux-ci sont nécessaires en raison du réaménagement de l’autoroute Bonaventure qui force la fermeture de la chute à neige Wellington.

Derrière le Natatorium , où se situe un des points de déversement à Verdun, le maire Coderre a affirmé que tout se passe comme prévu. «L’opération est dans les temps. Il n’y a aucune surprise jusqu’ici et nous poursuivons notre travail.»

Les cols bleus ont déjà été à même de constater la détérioration importante de l’intercepteur. Le maire a promis d’aller faire une inspection lui-même jeudi, pour voir dans quel état se trouve l’immense conduite.

Eaux
Des échantillons d’eau ont été prélevés en présence du maire, afin de montrer qu’il n’y avait aucun résidu tout près des berges. Aucune odeur nauséabonde n’émanait des prélèvements selon ce qu’a senti Denis Coderre.

Rappelons que les conduites qui déversent les eaux usées sont situées sous l’eau à plus d’une trentaine de mètres des berges.

Quant à la pollution, rien n’était vraiment perceptible de la rive à part quelques déchets épars. Toutefois, de larges taches de mousse blanche étaient visibles du haut des airs. Le directeur des eaux usées à la Ville de Montréal, Richard Fontaine, s’est fait rassurant.

«Ces taches sont dues au phosphore dans les produits de lessive. Elles peuvent cependant être trompeuses, il faut attendre les résultats d’analyse avant de s’inquiéter», affirme-t-il.

Pour lui, «la première journée ne se passe pas bien, elle se passe très bien.» Il confirme même que le délai de sept jours pour compléter le déversement pourrait être devancé.

Indifférence
À Verdun et à L’Île-des-Sœurs, les résidents se promenant le long des berges semblaient peu soucieux de la situation.

J’ai vécu ici toute ma vie et le fleuve n’a jamais été aussi beau. Dans les années 70, nous nous baignions littéralement dans la merde» a raconté un résident qui s’apprêtait à faire un tour de chaloupe.

Quelques curieux se sont rendus à l’endroit appelée «baie des capotes», situé à quelques mètres du plus important point de déversement. La forte odeur qui se dégageait du tuyau se dissipait aussitôt qu’on s’éloignait.

«Lorsque nous sommes arrivés ce matin, cela sentait jusqu’aux portes de l’école. Heureusement, cela n’a pas duré», raconte un étudiant de l’école Monseigneur-Richard, située tout juste à côté du point de déversement.

Leader
La Ville de Montréal demeure un meneur à l’échelle mondiale en matière de gestion des eaux usées soutient le maire Coderre. «Plusieurs villes d’autres pays nous contactent afin d’avoir des conseils.»

Malgré tout, il réitère l’importance de tirer des leçons de l’expérience. Fidèle à ses habitudes, il a illustré son point par une métaphore sportive.

«Après les Olympiques de 88, quand Ben Johnson, médaillé d’or au 100m, s’était fait prendre pour dopage, le Canada est devenu un meneur en la matière de dépistage. Il faut faire la même chose à la suite de cette histoire.»

Le quartier général de l’Agence mondiale antidopage a élu domicile à Montréal en 2002. Si le souhait de M. Coderre s’exauce, peut-être qu’un organisme semblable sur la gestion des eaux usées verra le jour dans la métropole d’ici quelques années.

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