TC Media/Patrick Sicotte Quelque 157 000 véhicules empruntent chaque jour l’échangeur Saint-Pierre.

Les résidents du quartier Saint-Pierre doivent quotidiennement conjuguer avec les bouchons de circulation et l’enclavement du secteur par les grandes infrastructures de transports. Des solutions pour y développer un type de mobilité plus durable ont été présentées par trois experts.

En plus de la reconstruction de l’échangeur Turcot, des travaux de réfection sont réalisés depuis huit ans à l’échangeur Saint-Pierre afin d’assurer la sécurité des automobilistes. La structure, qui relie l’autoroute 20 à la route 138, à Lachine, date de 1966.

Trois spécialistes ont donné leur avis sur la mobilité durable dans le cadre d’une série de conférences organisées par Revitalisation Saint-Pierre. L’organisme souhaite déposer des mémoires auprès des autorités concernées.

Le directeur de Vivre en Ville, Christian Savard, le directeur du GRAME, Jonathan Théorêt et le chercheur à l’UQAM et à l’UdeM, Pierre Barrieau, abordent les problématiques et les enjeux reliés à la mobilité durable.

Quelles actions peuvent être prises dans ce secteur?
Jonathan Théorêt: Ouvrir les espaces par les infrastructures et les différents aménagements. Desservir en transports actifs et collectifs par la bonification et l’ajout des services, notamment en ayant davantage d’autobus en attendant d’avoir un réseau supérieur. Maintenir la pression sur tous les aménagements comme les supports à vélo, le lignage ou les infrastructures pour sécuriser les intersections.

Pierre Barrieau: Un bel exemple de gain qui peut être fait, c’est celui de la gare du Canal pour améliorer le transport collectif pendant le chantier de Turcot. Améliorer la perméabilité, soit le nombre de liens existants. On est en période électorale actuellement et il y a beaucoup de travail qui peut être fait au niveau des élus. Les citoyens doivent exiger aux candidats de se positionner.

Christian Savard: Il ne faut pas seulement repenser les infrastructures, mais aussi l’urbanisme qui est autour. Traiter la rue Saint-Jacques comme une rue principale, et non une voie de transit. Il faut voir comment on peut diminuer la fréquence du passage de camions sur cette rue.

Comment peut-on atténuer l’impact du camionnage dans le quartier Saint-Pierre?
JT: Il y a déjà eu des discussions auparavant pour que, plutôt que de passer par la rue Saint-Jacques, les camions empruntent un échangeur au-dessus de la 1e Avenue. Il faut voir si c’est une solution envisageable et à quel coût. Si on doit avoir du camionnage sur la rue Saint-Jacques, il faut qu’en contrepartie, on fasse autant de place à un milieu de vie de qualité.

PB: Il faut voir si on peut créer de l’emploi, de la richesse, un meilleur milieu de vie en profitant de la requalification du secteur actuel, principalement axé autour du camionnage, dans des fonctions qui seraient meilleures pour la population locale.

CS: Actuellement, il y a une espèce d’apocalypse qui ne durera pas éternellement. Un jour, l’échangeur Turcot et l’échangeur Saint-Pierre seront finis, ce qui devrait relâcher le réseau local et amener des opportunités. À ce moment-là, il faudra être prêt et voir comment on peut corriger la situation. Ça veut aussi dire prendre des actions, comme le lignage. La piste cyclable sur Saint-pierre peut également être traitée de manière plus permanente.

Faut-il démolir et reconstruire à neuf l’échangeur Saint-Pierre ou rénover la structure existante?
JT: Reconstruire à neuf parce que ça offre des opportunités pour réduire les contraintes, ouvrir vers Lachine-Est et améliorer le milieu de vie.

PB: Reconstruire à neuf. Je ne vois pas de solutions positives qui peuvent ressortir de la réfection annuelle à long terme. Malgré tout, les problèmes de cette infrastructure vont continuer de peser sur le secteur. Le pont Champlain en est un bel exemple, ça coûte plus cher par année de le maintenir que de le reconstruire.

CS: Reconstruire à neuf. Est-ce qu’on répare une blessure ou on la laisse toujours un petit peu blessée? On n’en mourra pas, mais on va toujours avoir un peu mal. Je ne peux pas recommander à quelqu’un de continuer à souffrir. Pourquoi ne pas mettre plusieurs millions de dollars pour que les résidents en profitent, pas seulement ceux qui y passent.

Revitalisation Saint-Pierre tiendra sa prochaine conférence sur la mobilité durable en août.

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