Vanessa Limoges /TC Media Les enquêteurs de l'UPAC devant la maison du maire Claude Dauphin.

Alors que les policiers étaient à remplir des cartons de documents saisis à la résidence de la rue Saint-Joseph du maire Claude Dauphin, le voisinage était sous le choc.

«Ça me jette par terre, M. Dauphin est tellement impliqué, tellement bon pour Lachine», a déclaré un voisin. Une dame a ajouté qu’elle est «persuadée que le maire n’a rien à se reprocher, il a seulement eu des mauvais amis comme Gérald Tremblay».

À l’hôtel de ville de Lachine, alors qu’un véhicule de la Sûreté du Québec montait la garde, les services aux citoyens étaient dispensés comme à la normale.

On s’en doute, le maire Dauphin n’était pas disponible. Par contre, l’administration a fait savoir par voie de communiqué que l’arrondissement collaborait avec les enquêteurs de l’UPAC.

Démission
À Projet Montréal, il est trop tôt pour exiger la démission de Claude Dauphin, mais on écorche au passage le maire de Montréal.

«Lorsque Denis Coderre a constitué son équipe, il a récupéré des membres de l’équipe Tremblay, a mentionné le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, en marge d’un point de presse. Avec M. Dauphin, on se rappellera qu’il n’avait aucun adversaire et que M. Dauphin vote systématiquement avec M. Coderre dans toutes les décisions du conseil. Il y a vraisemblablement une entente entre eux. Je pense que c’était dangereux, il a pris un risque et maintenant il va devoir vivre avec les conséquences.»

Pour le spécialiste en éthique et professeur à l’UQAM, Michel Séguin, le maire Dauphin devrait se retirer, le temps que la lumière soit faite dans le dossier. «Les apparences de manque d’intégrité rendent l’acceptation des décisions des politiciens difficiles et ce, même lorsqu’ils sont acquittés.»

Compteurs d’eau
Le contrat de 355 M$ des compteurs d’eau attribué à la firme GÉNIeau, le plus gros jamais octroyé par la Ville de Montréal, a dû être annulé en 2009, après qu’une enquête ait révélé des liens entre Frank Zampino, le numéro 2 de l’administration de Gérald Tremblay, avec l’entrepreneur Tony Accurso.

À l’époque, Claude Dauphin était vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal.

La spécialiste des politiques publiques et des questions d’éthique, Danielle Pilette, se doute que le maire de Lachine était au courant.

«À l’origine c’était un contrat de quelques dizaines de millions de dollars pour améliorer le système de la Ville. Ensuite, le contrat a tellement grossi qu’il a dépassé les 200M$. Pour ajouter des éléments comme ça, il fallait que le stratagème ait été soufflé. Il fallait le consentement des hauts fonctionnaires municipaux et des élus.»

Mme Pillette croit que ces perquisitions permettront de récupérer des dossiers utiles, sans nécessairement que ce soit des preuves criminelles, pour connaître les montants dépensés par la Ville de Montréal dans le cadre de ce scandale des compteurs d’eau. «Des éléments qui pourraient permettre de récupérer ces sommes. Ce qui constituerait un baume pour les contribuables montréalais».

Avec la loi 26, adoptée au mois de mars, les municipalités disposent de plusieurs outils pour récupérer les sommes payées injustement à la suite de fraudes ou de manœuvres frauduleuses dans le cadre de contrats publics.

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