Le 24 novembre, la traductrice Maryse Warda, lauréate aux Prix littéraires du Gouverneur général 2011 dans la catégorie Traduction pour la pièce Toxique ou l’incident dans l’autobus, a reçu son prix à Ottawa, dans le cadre d’une cérémonie à Rideau Hall. Pour la résidente du Plateau-Mont-Royal, qui célébrait ses 50 ans deux jours plus tard – soit le 26 novembre – il s’agissait d’un bien beau cadeau.

Maryse Warda, qui a étudié en littérature anglaise à l’Université de Montréal, ne se prédestinait pas à une carrière de traductrice. En 1991, elle est engagée comme adjointe administrative au Théâtre de Quat’Sous, alors dirigé par Pierre Bernard.

« Je voulais travailler dans un théâtre, j’ai toujours aimé l’ambiance et les coulisses des théâtres…, dit-elle. J’ai été engagée à l’administration au Quat’Sous. Mais au bout de quelques mois, Pierre [Bernard] a vu que je n’aimais pas faire des chèques… ! Il m’a alors demandé ce qui me ferait plaisir… ».

Maryse Warda qui, de son propre aveu, a appris l’anglais à l’école et en écoutant la série télé Happy Days, lui répond qu’elle aimerait traduire une pièce de théâtre, de l’anglais vers le français. À l’époque, elle ne détient aucune expérience de traduction. Pendant les vacances de Noël, Pierre Bernard lui confie dont la traduction de Brilliant traces de Cindy Lou Johnson. Une pièce qui, sous la plume de Maryse Warda, prendra le nom de Traces d’étoile.

Par un heureux hasard de circonstance, ladite pièce est montée au Quat’Sous – dans la traduction française de Mme Warda – en 1992. Avec Luc Picard et Sylvie Drapeau en vedette, le spectacle remporte un immense succès et lance la carrière de la traductrice. Pendant les années qui suivirent, l’Égyptienne d’origine se voit confier la traduction d’une pièce par année pour le théâtre dans lequel elle travaille.

En 2001, Maryse Warda est en lice pour le prix du gouverneur général avec la traduction du tome 1 de la pièce Motel de Passage de l’auteur canadien-anglais George F. Walker. La même année, elle quitte le Quat’Sous, devient pigiste et cumule les contrats de rédaction, de révision ou de traduction. « La révision est ce qui m’apporte le plus de plaisir, lance Maryse Warda, sans hésiter. C’est ma façon à moi de faire du théâtre, de jouer les personnages, de rentrer dans leur peau. J’aime aussi voir le texte prendre corps sur scène dans la bouche des comédiens ».

On doit à Maryse Warda la traduction de beaucoup de pièces montées à Montréal, par exemple Wit de Margaret Edson, joué au Quat’Sous en 2006, Yellow Moon de David Greig à Espace Go en 2010 ou Anna sous les Tropiques (Anna in the Tropics) de Nilo Cruz, en 2011, au Théâtre du Rideau Vert.

Une pièce complexe

C’est Marie-Thérèse Fortin qui, en 2009, approche Mme Warda pour lui demander de traduire Toxique ou l’incident dans l’autobus (The Toxic Bus Incident), présentée au Théâtre d’Aujourd’hui en mars 2011. Pour écrire cette histoire, le dramaturge Greg MacArthur s’est basé sur un fait réel survenu à Vancouver.

« La difficulté avec cette pièce, c’est que les répliques sont courtes et qu’elle ne contient aucune ponctuation. C’était un casse-tête de respecter la rythmique et la concision tout en protégeant le sens », soutient la femme de lettres.

Un défi qu’elle semble avoir relevé haut la main. Selon le communiqué qui annonce les lauréats des 75es Prix littéraires du Gouverneur général, Maryse Warda a livré une traduction « efficace et ciselé au couteau », en plus de dire « beaucoup en peu de mots, dans une langue qui livre l’essentiel ».

Pour la traductrice, il s’agit d’un prix inattendu et inespéré. « J’étais certaine de ne pas gagner. Je croyais que les chances étaient faibles pour qu’une traduction de théâtre soit choisie, plutôt qu’une traduction de roman ou de livre de nouvelles », affirme-t-elle.

En novembre, lorsque le Conseil des arts du Canada l’a appelée pour lui dire qu’elle était la grande gagnante dans la catégorie Traduction, elle avoue avoir fondu en larmes. « Ça m’a fait chaud au cœur d’avoir une forme de reconnaissance. J’ai flotté sur un nuage pendant quelques semaines! J’ai célébré récemment mon anniversaire et je me suis dit que ça augurait bien pour ce qui s’en vient ».

Maryse Warda planche sur plusieurs pièces qui seront présentées en 2012. En janvier, on pourra voir et entendre sa traduction de la pièce Vigile ou Le veilleur (Vigil) de Morris Panych, au Théâtre du Rideau Vert. Puis, en avril, sera présenté L’Éclipse (The Eclipse) de Joyce Carol Oates au Théâtre Prospero.

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