La Ville de Montréal à l’intention d’acquérir la propriété des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, qui se trouve tout juste à côté de l’Hôtel-Dieu de Montréal sur l’avenue des Pins.

La transaction vise le couvent, les jardins, le musée, trois chapelles et des bâtiments de service, qui ont été construits de 1860 à 1950. La crypte, où les restes de près de 600 religieuses sont conservés, dont ceux de la cofondatrice de Montréal, Jeanne Mance, demeurera la propriété des religieuses.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, qui était très fier d’annoncer ses intentions d’acquisition immobilière, n’a pas voulu s’avancer sur la valeur du complexe religieux. «Il y a des négociations qui se font en ce moment, a-t-il dit. Il y a un processus qu’on doit respecter.»

Une autorisation pontificale sera nécessaire à cette transaction immobilière. Pour le maire Coderre, il ne s’agit que d’une «formalité». «Ça va se faire dans les six prochains mois, avant la fin de l’année 2016», a-t-il mentionné.

Pour décider la nouvelle vocation, la Ville lancera une consultation avec l’aide de l’Institut du Nouveau Monde, tout en confectionnant un plan directeur de mise en valeur de l’ensemble immobilier. L’Office de consultation public de Montréal (OCPM) prendra le relais à l’hiver 2017.

Le maire Coderre a déjà quelques idées pour cette future propriété municipale, notamment d’y aménager un centre d’archives religieuses ou d’y installer des écoles de métier. Il veut aussi agrandir le Musée des hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

«On veut s’assurer que cette propriété soit accessible au public. On ne changera rien. On protège le patrimoine», a dit M. Coderre, qui a sans ambages exclu les projets de condos. De toute façon, la propriété de Religieuses Hospitalières se trouvent à l’intérieur des limites du site patrimonial du Mont-Royal, ce qui fait que tout changement requiert des autorisations gouvernementales. M. Coderre aimerait qu’une centaine de logements sociaux soient construits dans un stationnement de l’Hôtel-Dieu, le long de la rue Saint-Urbain. Des discussions doivent être entamées avec Québec.

La soixantaine de religieuses qui demeurent toujours dans le complexe religieux déménageront en 2018 dans le pavillon Masson de l’Hôtel-Dieu, qui est situé dans la portion nord du site et qui déjà été utilisé à des fins de recherche. Avant qu’elles puissent y emménager, le bâtiment doit être agrandi et rénové avec l’aide de la Fondation Berthiaume-Du Tremblay et le groupe Bâtir son quartier. Le projet sera soumis à l’OCPM à l’automne prochain.

«Le temps est maintenant venu de remettre notre héritage», a déclaré Sœur Marie-Thérèse Laliberté, qui a souligné que les Religieuses Hospitalières, qui sont arrivées à Montréal en 1659, «diminuent en nombre et celles qui restent augmentent en âge». La religieuse s’est dite «heureuse» de l’implication de la Ville dans le projet qui doit répondre à certaines exigences, a-t-elle souligné, notamment en ce qui a trait à la préservation de l’esprit de lieu, la cohérence avec son histoire et l’ouverture sur la collectivité.

Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, n’a eu que de bons mots pour l’ensemble du projet. «Ce sont de petits morceaux qu’on met ensemble qui donne finalement ce projet magique et magnifique que les générations futures vont certainement apprécier et que les villes du monde entier vont nous envier», a-t-il affirmé.

«C’est une annonce d’une extraordinaire énergie positive pour Montréal, son patrimoine et ses lieux institutionnels», a lancé pour sa part le directeur des politiques d’Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. Ce dernier a toutefois déploré que l’avenir demeure incertain pour le bâtiment de l’Hôtel-Dieu. «On a quelque chose qui se résout avec enthousiasme et inspiration et de l’autre côté, on a encore des mers de stationnement et des bâtiments dont la vocation futur est incertaine, a-t-il mentionné. Ça serait bien que le gouvernement soit synchro avec une communauté qui, clairement peut voir l’avenir.»

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