Archives TC Media Luis Miranda pense que le projet de la ligne bleue passe derrière le développement du REM dans les priorités du ministère.

Le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, exprime des réserves sur le prolongement du réseau de la STM puisque les terrains où sont prévus les édicules n’ont pas encore été achetés. Le ministère des Transports assure pourtant que le dossier est toujours d’actualité.

«J’ai de la misère à croire que ce sera fait en 2025», regrette Luis Miranda. Cette échéance est celle qui avait été donnée en mars dernier par la Ville de Montréal pour la fin des travaux de prolongement de la ligne bleue après que Québec eut annoncé que des sommes étaient réservées dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2017-2027. Pourtant l’édile angevin pense que ce projet est «mis sur la glace» au profit du Réseau électrique métropolitain (REM) promis pour 2020.

«Il est tombé sur un bureau dans le fond de la pile, car les finances publiques ne peuvent pas supporter autant de grands projets», estime M. Miranda.

Pour justifier son impression, le maire d’arrondissement s’appuie sur un article publié par La Presse ce lundi 7 août. Il révèle que des avis de réserve foncière, qui sont stratégiques pour ce projet, risquent d’expirer en 2018. Ces avis doivent permettre de récupérer des terrains afin de construire les édicules des cinq futures stations prévues dans le projet de prolongement. Seulement, ils ont été émis en 2014 pour deux ans, renouvelés en 2016 et ne peuvent être prolongés une seconde fois. Le journal a rencontré des propriétaires de commerces qui disent n’avoir aucune nouvelle du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des Transports (MTMDET) à ce sujet.

S’il ne procède pas aux expropriations avant la date butoir, le gouvernement devra présenter un dossier différent pour émettre de nouveaux avis.

Ces informations ont aussi fait réagir Projet Montréal qui a publié un communiqué pour demander au gouvernement de lancer les travaux. «Les réserves foncières viendront à échéance au début de l’année 2018, ce qui nous fait craindre l’abandon pur et simple du projet», a déclaré Valérie Plante, cheffe du parti d’opposition.

Le ministère assure toutefois que le prolongement de la ligne bleue est toujours d’actualité, même si le cabinet de Laurent Lessard n’est pas en mesure de fournir une date pour la présentation d’un projet concret.

«Nous complétons le dossier d’opportunité qui devra être présenté et validé au Conseil des ministres. Cela dépendra du calendrier parlementaire, mais le projet est au PQI et cela veut dire qu’il y a une volonté gouvernementale pour aller de l’avant», promet Christine Harvey, attachée politique au cabinet du ministre.

Ces promesses ne rassurent pas le maire d’Anjou qui pense que l’administration Coderre privilégie le REM, plutôt que la ligne bleue du métro.

«Cela fait 28 ans que je suis élu et 28 ans que j’entends parler de ce prolongement. Ce n’est pas parce que le gouvernement va faire les expropriations qu’il ira forcément de l’avant. On pousse ce projet, mais M. Coderre a brouillé les cartes en abandonnant l’est pour le REM», analyse Luis Miranda.

Contactée par TC Media, la Ville de Montréal n’a pour l’instant pas répondu à nos demandes. Au mois de mars, le maire Denis Coderre avait néanmoins certifié que la ligne bleue allait se faire.

Du côté du ministère, on assure que les deux projets sont traités avec le même degré d’importance.

«Il y a un souhait de rendre les transports plus accessibles. Ces deux projets sont complémentaires, les deux dossiers paraissent au budget et en aucun cas on ne priorise la ligne bleue pour le REM ou vice-versa», réagit Mme Harvey.

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