Romain Schué/TC Media Malgré la présence d'un brigadier scolaire et surtout, d'une lumière rouge, ce véhicule mord allégrement le passage piéton avant le passage des écoliers.

Dépassements et arrêts interdits, accrochages, stationnements délicats: présents aux abords des écoles de Montréal-Nord dans le cadre d’une campagne de sensibilisation, les policiers du poste de quartier 39 ont relevé de nombreuses infractions.

«Pourquoi les parents ne prennent pas 5 minutes, calmement, pour déposer leurs enfants?», s’étonne, un brin circonspect, l’agent Carmine Gallo.

Installé depuis 7h30 ce mardi matin en compagnie notamment de son collègue Oscar Espinoza devant le débarcadère de l’école Saint-Vincent-Marie, situé sur l’avenue Armand-Lavergne, le policier du pdq 39 vient d’assister, quelques secondes plus tôt, à un accrochage entre deux automobilistes pressés de repartir.

Malgré la présence de dizaines de jeunes enfants à proximité et des forces de l’ordre, ces infractions se multiplient. En à peine trente minutes d’observation, le constat paraît lourd: véhicules reculant devant des enfants, dépassements des bus scolaires débarquant des élèves, traversées de la route hors des passages piétons, arrêts de voitures sur ces mêmes passages, stationnements hors des endroits prévus…

«Malheureusement, chacun pense à soi-même, à son enfant, mais pas toujours aux autres. Il y un manque de discipline et un manque de courtoisie», reprend l’agent Callo, avant de sermonner une mère de famille qui a abandonné quelques minutes son véhicule sur l’unique voie de circulation, provoquant un problématique embouteillage devant l’établissement scolaire.

«La prévention passe par l’éducation»
Présents depuis la rentrée scolaire devant les écoles de l’arrondissement dans le cadre du plan «100% vigilant» du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), les agents de Montréal-Nord veulent «sensibiliser» les parents, mais aussi les enfants, explique le commandant Jonathan Martel.

«La jeunesse, c’est notre relève. Il faut profiter de la rentrée scolaire pour sensibiliser tout le monde. La prévention passe avant tout par l’éducation et c’est une problématique quotidienne. Mais parfois, des parents sont stressés pour partir travailler, inattentifs ou mal réveillés», explique le patron du pdq 39, qui n’exclut pas, à l’avenir, la possibilité de contraventions.

«Ce sera à la discrétion des policiers», assure-t-il.

Une présence policière appréciée
Arrivée à pied en compagnie de ses deux enfants de 9 et 10 ans, Nurten Otaken se montre ravie de cette présence policière. «Ces endroits peuvent être dangereux pour les jeunes, il y a beaucoup de voitures et peu de stationnement. Il faut vraiment faire attention», souligne cette résidente voisine.

Un sentiment partagé par une autre citoyenne, Nadia Lakrbaj. «Sensibiliser les parents, c’est toujours bon. On a des enfants et on ne veut pas qu’il leur arrive du mal», assure-t-elle.

Directrice adjointe de cet établissement qui accueille 725 élèves de 4 à 12 ans, Myriam Souami évoque quant à elle «un rappel nécessaire.»

«Des enseignants viennent surveiller les abords de l’école en fin de journée, mais dès que l’on sent un relâchement de la part des parents ou des citoyens qui circulent autour, on a besoin de la police. Malgré la présence des brigadiers, beaucoup trop de voitures mettent en danger les enfants.»

Alors que cette campagne de sécurité routière des écoliers prend fin le 23 septembre, des agents du pdq 39 continueront de patrouiller régulièrement à proximité des écoles durant toute l’année scolaire.

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