Nicolas Ledain / Guide de Montréal-Nord Rakin Canal Charles (à gauche) et Marie-Edwine Charles (au centre) sont des travailleurs du programme TAPAJ porté par Danièle Salmeron (2e à gauche), Andrelle Jacquet et Salomon Louissaint (à droite) dans Montréal-Nord.

Lancé en septembre 2017 dans l’arrondissement, TAPAJ propose des travaux payés à la journée à des jeunes sans-emploi. Avec une cinquantaine de participants, le bilan de la première année est encourageant, même si le programme manque encore de contrats.

«Il faut se faire connaître et se développer encore», résume Danièle Salmeron, chargée de projet pour TAPAJ à Montréal-Nord. Actuellement, le programme dédié aux jeunes sans-emploi ne tourne qu’avec quelques partenaires qui confient des contrats ponctuels, mais cela reste insuffisant.

«Ce serait bien d’avoir des entreprises de Montréal-Nord qui font travailler les jeunes du quartier. Nous sommes flexibles, on peut répondre rapidement aux besoins et cela permet de faire vivre les jeunes de la communauté dans un esprit d’économie sociale», fait valoir Mme Salmeron.

Installé dans les locaux du centre des jeunes L’Escale, ce programme a été initialement testé entre septembre et décembre 2017, puis prolongé jusqu’à fin 2018 avec le soutien financier de l’arrondissement. En moins d’un an, TAPAJ Montréal-Nord a réussi à se créer un réseau de 54 jeunes prêts à travailler. Jusqu’ici, ils ont été engagés pour la distribution de dépliants promotionnels, du nettoyage, du déneigement et pour quelques contrats d’aménagements paysagers ou de travaux ménagers. L’objectif est désormais de développer un réflexe TAPAJ autant chez les entreprises, les institutions, les associations que chez les particuliers pour tous les petits travaux du quotidien.

«Ce sont des jeunes qui ont envie de travailler et c’est valorisant pour eux. Ça répond à un besoin, ça crée de l’échange et de l’entraide entre les jeunes et les citoyens. C’est bon pour tout le monde», souligne Andrelle Jacquet, intervenante pour le programme.

Stigmatisation et délinquance
Quels que soient les profils ou la motivation des «Tapajeurs», tous ont en commun de s’être heurtés à des barrières en tentant d’intégrer le marché du travail.

«J’avais besoin de travailler pour payer mes affaires de football et c’était la meilleure option pour moi. Personne ne veut me prendre et ce sont les seuls qui m’ont accepté», explique Rakin Canal Charles, âgé de 17 ans.

Comme lui, Marie-Edwine Charles peine à gagner la confiance des employeurs. Arrivée d’Haïti il y a six mois, cette nouvelle Nord-Montréalaise espère que ce programme sera un tremplin.

«On m’a dit que c’était trop tôt pour me donner du travail, mais j’ai pas le choix, j’ai besoin de travailler. Ça me permet de prendre de l’expérience à mettre sur mon CV pour trouver un emploi», confie-t-elle.

La mission première de TAPAJ à Montréal-Nord est justement de briser ces barrières qui existent encore entre les employeurs et une jeunesse souvent associée à des stéréotypes tenaces.

«Montréal-Nord est stigmatisé et c’est tough de changer ces idées de place quand tu as 18-19 ans. TAPAJ ça t’offre quelque chose, c’est une opportunité pour prendre confiance, prendre des connaissances et se prouver en tant qu’adulte», pense Andrelle Jacquet.

De plus, les porteurs de ce programme dans l’arrondissement ont l’ambition d’en faire une alternative à la délinquance et à l’argent facile des activités illégales.

«C’est une issue de secours. Ces jeunes prouvent qu’ils peuvent travailler malgré les difficultés et les préjugés. Ça occupe au lieu de faire des choses mauvaises», conclut Salomon Louissaint, agent de communication de TAPAJ Montréal-Nord.

Pour confier un contrat à TAPAJ Montréal-Nord, contactez le (514) 328-4180 ou le (438) 492-8778.

Un programme qui s’exporte à l‘international

Créé en 2000 par l’organisme Spectre de rue au centre-ville de Montréal, le Travail alternatif payé à la journée, abrégé en TAPAJ, avait initialement pour but d’offrir une solution aux jeunes consommateurs de drogue en situation d’itinérance. Il s’est depuis étendu dans plusieurs quartiers de la ville pour répondre à des enjeux particuliers. À Montréal-Nord, cela concerne principalement des jeunes de 15 à 25 ans issus de l’immigration qui peinent à rentrer sur le marché du travail.

Le programme s’est aussi développé dans la province et à l’international puisqu’il est proposé en France depuis 2014. Initialement implanté à Bordeaux, TAPAJ a créé un réseau dans 23 villes outre-Atlantique et a noué des partenariats avec de grandes sociétés comme l’entreprise ferroviaire nationale SNCF, la fondation de l’opérateur téléphonique Orange ou des municipalités et agglomérations.

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