Photo TC Media - Jean-Marc Gilbert Trop de dépenses, mais pas suffisamment de revenus pour la paroisse Sainte-Gertrude.

Tuyaux bouchés, infiltrations d’eau, portes qui volent au vent et problèmes de toiture: l’église Sainte-Gertrude, la plus vieille de Montréal-Nord, a besoin de travaux importants. Mais la paroisse ne sait pas comment les payer, d’autant que le budget de 2016 prévoit déjà un déficit de plus de 35 000 $.

Selon le curé de la paroisse, Ronald Legerme, ce n’est pas d’hier que les budgets sont déficitaires, mais l’année 2015 a été particulièrement pénible pour l’église dont la construction a débuté en 1925.

Il y a d’abord eu une fuite de gaz dans les locaux d’une friperie, administrée par les bénévoles de la paroisse. Puis, après un refoulement d’égouts, une entrée d’eau a gelé du côté de la sacristie. Il y a aussi eu des problèmes de chauffage, sans compter des portes d’aluminium qui ont été arrachées par des vents violents, énumèrent deux des marguilliers de la paroisse Doris Smaha et Roger Desaultels.

«Il y a tout le temps quelque chose qui nous tombe sur la tête et quand ça arrive, on se demande quelle sera la prochaine tuile», illustre Mme Smaha.

Des travaux de toiture seront nécessaires pour contrer les infiltrations d'eau.

Des travaux de toiture seront nécessaires pour contrer les infiltrations d’eau.

 

Les rebords de plusieurs fenêtres sont aussi défraîchis.

Les rebords de plusieurs fenêtres sont aussi défraîchis.

Moins de revenus
Si les dépenses sont sans cesse croissantes, on ne peut pas en dire autant pour les entrées d’argent.

Pour 2016, les recettes anticipées sont de 162 000 $ tandis que les dépenses prévues frôlent les 198 000 $.

«Il n’y a aucune source de revenus ici, à part la quête et la dime des fidèles. Nous n’avons pas de salle au sous-sol que nous pouvons louer comme c’est le cas dans plusieurs autres églises», indique le curé Legerme.

Certains revenus sont générés par la friperie, mais la paroisse est bien loin du compte, d’autant plus que le nombre de mariages et de funérailles célébrés dans les églises sont en forte baisse.

Depuis 2010, seulement neuf mariages ont été célébrés à cette paroisse alors qu’à une autre époque, la moyenne était de deux ou trois par week-end.

Campagnes de financement
Pour tenter de générer des revenus supplémentaires, Mme Smaha, qui s’était donné un objectif de «déficit zéro», a mis les bouchées doubles au cours de l’année. Deux bazars, tenus en mai et en septembre, ont permis d’amasser un bon montant.

La paroisse a aussi organisé un concert-bénéfice de Noël, le 13 décembre.

La conseillère de Ville et mezzo-soprano Chantal Rossi sera accompagnée du pianiste Claudel Callender, de la violoniste Geneviève Clermont et du baryton Manuel Blais.

La paroisse a déjà vendu une centaine de billets, au coût de 20 $ chacun.

Il faudra aussi repreindre certains murs.

Il faudra aussi repreindre certains murs.

 

Malgré les sourires, la marguillièrre Doris Smaha, le curé Ronald Legerme et le marguillier Roger Desautels reconnaissent que les temps sont durs pour la paroisse.

Malgré les sourires, la marguillièrre Doris Smaha, le curé Ronald Legerme et le marguillier Roger Desautels reconnaissent que les temps sont durs pour la paroisse.

Pas question de fermer ou de vendre
Malgré les difficultés financières vécues par la paroisse Sainte-Gertrude, la fermeture ou la vente de l’église du même nom n’est pas du tout envisagée, assure le diocèse de Montréal.

Benoît Cardin, qui occupe le poste d’économe, est allé à la rencontre des paroissiens de l’endroit, dans les dernières semaines, pour faire appel à leur générosité.

Selon ses estimations, Sainte-Gertrude fait «des déficits récurrents d’environ 20 000 $ à 30 000 $». Elle fait partie des 18 paroisses sur 194 qui vivent des difficultés financières au sein du diocèse de Montréal, qui regroupe les églises catholiques de la métropole, de Laval et de Repentigny.

Comités au travail
Pour remédier à la situation, différents comités se penchent sur la question depuis environ un an et demi.

«Le diocèse veut s’entourer de gens d’affaires qui s’y connaissent bien en immobilier», affirme M. Cardin. Ensemble, ils recherchent de nouvelles sources potentielles de revenus pour éviter la vente des lieux de culte.

Il faut toutefois que la générosité des communautés et des gens d’affaires soit au rendez-vous.

Même si le diocèse n’a eu d’autre choix que de vendre 57 églises depuis l’an 2000, d’autres avenues sont toujours étudiées avant de mettre un bâtiment en vente.

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