La Presse Canadienne Dany Villanueva

Alors que Dany Villanueva vient d’être autorisé à rester au Canada malgré une procédure d’expulsion vers le Honduras, son pays natal, son avocat et son entourage se montrent satisfaits. Selon eux, le grand frère de Fredy, tué le 9 août 2008 lors d’une intervention policière, fut «doublement victime» de cet incident.

«Lilian (Villanueva) a déjà perdu un fils, je me réjouis qu’elle n’en perde pas un deuxième. C’est une excellente nouvelle», clame Nargess Moustapha, porte-parole de Montréal-Nord Republik, un organisme proche de la famille Villanueva, soulagée après la réception fin février d’une lettre émanent d’un délégué du ministre fédéral de l’immigration John McCallum, confirmant la suspension d’expulsion du Nord-montréalais de 29 ans vers le Honduras.

Le gouvernement, qui a jugé ce renvoi dans le pays d’origine de Dany Villanueva trop risqué pour sa vie, a été convaincu par un document de 500 pages exposant ces menaces présenté par son avocat, Me Stéphane Handfield.

«On l’a dépeint, ici, comme un grand criminel, explique celui qui avait déposé une demande d’Évaluation des risques avant renvoi (ERAR). Les journaux honduriens et les télévisions le comparaient à un important chef de gang de rue du Canada. Avec ses tatouages et la médiatisation de cette affaire, les menaces pour sa vie étaient réelles.»

Interdit de territoire pour «grande criminalité»
Interpellé devant le parc Henri-Bourassa le 9 août 2008 par deux agents de police alors qu’il jouait aux dés avec, notamment, son petit frère Fredy décédé par balles quelques instants plus tard à la suite d’une arrestation qui a dégénéré, Dany Villanueva avait été interdit de territoire pour «grande criminalité», peu de temps après ces événements. Une décision «injuste» pour son avocat.

«La justice n’attendait que ça pour l’expulser. Il avait déjà des problèmes d’immigration et il fallait un moyen pour clore le dossier. Non seulement il a vu son frère se faire tuer sous ses yeux, mais en plus, il n’a pas pu vivre son deuil car immédiatement, une mesure d’expulsion a été lancée. Il fut doublement victime de cet incident», explique Me Handfield qui reproche à la justice d’avoir fait pression sur sa famille.

«On a tenté de faire taire ses proches avec ce dossier d’expulsion. Cela a refroidi la famille qui voulait des enquêtes sur cette affaire», assure-t-il, avant de mettre en avant les risques encourus par Dany au Honduras, en cas de renvoi.

«Il est sur la bonne voie»,
Alors que l’intéressé ne souhaite pas s’adresser aux médias, Will Prosper, proche de la famille Villanueva, espère «qu’il pourra enfin vivre sa vie.»

«Depuis le décès de son frère, sa vie ne lui appartient plus. Il est prisonnier de ce qu’il a vécu le jour de cette fusillade, estime le second porte-parole de Montréal-Nord Republik. Depuis, il subit un traitement spécial, ses demandes de permis de travail prennent plus de temps que n’importe qui. Mais il est heureux de cette décision.»

«Il n’a pas eu la vie facile depuis l’été 2008, mais il est sur la bonne voie», complète Me Handfield qui le défend depuis 2009.

Après avoir soumis en 2011 une demande de Résidence Permanente, Dany Villanueva, qui n’a aucun statut officiel au Canada, et son avocat espèrent une réponse positive dans les «prochaines semaines ou mois.»

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