FELIX O.J. FOURNIER TC MEDIA (51 La tour à boyaux de Sainte-Anne-de-Bellevue servait jusqu'au milieu des années 1990 à sécher les tuyaux utilisés par les pompiers.

Une pétition de 51 noms et une campagne de levée de fonds lancée par la mairesse de Sainte-Anne-de-Bellevue Paola Hawa n’auront finalement pas suffi pour sauver la tour à boyaux de l’hôtel de ville. Mercredi soir, le comité de démolition a entériné la décision prise en septembre par le conseil de démolir la structure vieille d’environ 80 ans.

Formé de trois conseillers municipaux, le comité a voté à deux contre un en faveur de la démolition. Les conseillers Michel Boudreault et Francis Juneau ont voté pour la destruction. Cette dernière pourra avoir lieu seulement 30 jours après la publication de l’avis de démolition.

«J’ai tenu compte des coûts, mais pas uniquement. Cette tour n’a aucune utilité et elle ne s’intègre pas bien dans la structure de l’hôtel de ville. L’élément patrimonial avancé par certaines personnes est également très subjectif, a expliqué le conseiller Michel Boudreault. Le nom de la Ville sur la tour ne représente pas un élément de prestige pour la Ville».

Le conseiller du district 2, Ryan Young a, quant à lui, voté pour la conservation.

«Cette tour, qui a été ajoutée autour de 1936, représente une trace de l’évolution du bâtiment et un point de repère. C’est très haut et visible depuis le pont, d’autres édifices ou le lac», a-t-il fait valoir.

La mairesse, qui a toujours milité pour la sauvegarde de la structure, s’est dite déçue de cette décision.

«Je trouve ça dommage. Je pense que des personnes ce soir ont apporté de très bons arguments, des professionnels qui sont venus expliquer le concept de valeur patrimonial et architectural. À la vitesse à laquelle j’ai vu la décision être prise, je me questionne sur si oui ou non ces arguments ont été pris en considération», a-t-elle confié.

Mauvais état
«On retrouve des fissures verticales sur trois des quatre faces de la structure. La face extérieure est détériorée à 60 %. La détérioration est rapide et affecte l’intégrité de la structure. Les blocs de béton ne possèdent pas les caractéristiques nécessaires afin de résister aux cycles de gel et dégel», avertissait mercredi le directeur général de la Ville, Martin Bonhomme.

Devant l’éventualité que la structure «n’allait pas passer l’hiver» selon le conseiller Francis Juneau, le conseil se devait le mois dernier de prendre une décision sur l’avenir de la tour qui aurait «atteint la limite critique dans son processus de détérioration» selon M. Bonhomme.

Une différence de 14 000 $
La Ville a établi le coût de démolition à 57 500 $. En contrepartie, les réparations à effectuer se chiffrent à 71 725 $, dont des réparations urgentes de 30 725 $.

Au montant de 71 725 $, s’ajoutent des dépenses de réfection annuelles d’une valeur de 1950 $ pour les dix prochaines années. Avec ces travaux, la durée de vie de la structure était de 10 à 20 ans, sans garantie.

La réunion publique du comité de démolition du 5 octobre au Centre Harpell a donné lieu à un débat d’idées.

«Ça fait partie du patrimoine. C’est un des derniers éléments qui rappelle l’existence de ces anciennes tours à boyaux pour sécher les tuyaux de pompiers. C’est aussi un point de repère du paysage qui est visible de partout. Elle sert à structurer le paysage», a indiqué à TC Media un résident, Lorne Jackson.

«C’est très bien. Ça devait arriver, a mentionné un autre résident, Michel Belleau, à la suite du vote. Avec tous les problèmes techniques, ça ne donne rien de commencer à mettre de la structure pour la maintenir en place. Il fallait ramener l’édifice à son état original. On sait qu’il est devenu l’hôtel de ville en 1934, hors la tour à boyaux a été ajoutée plus tard».

Rappelons que le 27 septembre dernier, la mairesse Paola Hawa lançait une campagne de socio-financement, notamment sur le site gofundme afin d’amasser les 14 000 $ nécessaire afin de sauver la tour à boyaux. La campagne aurait jusqu’ici permis de récolter environ 5000 $.

Les citoyens et élus disposeront de 30 jours pour faire appel de la décision du comité de démolition une fois l’avis de destruction publié.

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