Photo: Archives TC Media En septembre dernier, la présidente de la commission scolaire Lester B.-Pearson a été trouvée coupable de trois manquements au code d'éthique de son institution.

Québec a nommé, mercredi, une vérificatrice afin d’enquêter sur des pratiques irrégulières au sein des commissions scolaires anglophones de Montréal, une annonce survenant deux mois après que la présidente de la commission Lester B.-Pearson, Suanne Stein Day, eut été trouvée coupable de trois manquements au code d’éthique.

Québec a annoncé sa décision mercredi matin dans un bref communiqué de trois paragraphes dans lequel on apprend que les «pratiques irrégulières» seraient en lien avec le cheminement scolaire, la diplomation et le financement associés à certains programmes de formation professionnelle.

L’attachée de presse du ministre n’a pas souhaité commenter l’affaire davantage.

En début de soirée mercredi, le journal Montreal Gazette rapportait également que l’Unité permanente anti-corruption (UPAC) enquête et emmagasine déjà de l’information sur les deux commissions scolaires depuis «un certain temps».

Alors que Mme Stein Day n’a pas retourné nos appels, la présidente de la commission English-Montreal, Angela Mancini a assuré, par voie de communiqué, que la vérificatrice. Michelle Lapointe, aurait la pleine coopération de son administration.

«Nous venons tout juste d’apprendre les intentions du gouvernement, indique Mme Mancini. Même si ça nous prend complètement par surprise, j’ai demandé à notre administration de s’assurer que la vérificatrice ait accès à toute l’information nécessaire à l’accomplissement de son travail».

Mme Mancini mentionne aussi que des membres de la direction ont tenu une conférence téléphonique avec des représentants du ministère de l’Éducation mercredi matin.

«Cette intervention par le ministère nous permettra de revoir nos processus et d’iimplanter les pratiques les plus à jour possibles», ajoute-t-elle.

Accusations
Plusieurs reportages de nombreux réseaux de nouvelles anglophones ont rapporté l’affaire qui a fait couler beaucoup d’encre cet automne. Selon le réseau CTV, il est reproché à Mme Stein Day d’avoir verbalement attaqué plusieurs personnes travaillant pour la commission scolaire, incluant des employés, des directeurs, directeurs adjoints et d’autres commissaires.

Une première lettre de plaintes contre la présidente aurait été déposée le 15 décembre 2015.

Dans la missive citée par CTV, 16 employés du programme international de Lester B.-Pearson accusent la présidente de «propos calomnieux et diffamatoires allant d’allégations criminelles en termes de détournement de fonds à des revendications salaces concernant des membres respectés participant à des activités sexuelles».

Dans la lettre, les employés accusent également Mme Stein Day d’avoir répandu des «commérages» et «mensonges» à travers la province sans aucune preuve à l’appui.

Toujours selon CTV, des directeurs et directeurs adjoints auraient, plusieurs semaine plus tard, logé une plainte contre la présidente, l’accusant «d’abus de pouvoir» et de parler fréquemment avec un manque de «professionnalisme, de dignité et discrétion».

Depuis, de nombreuses personnes ayant porté plainte contre Mme Stein Day auraient été licenciés, rétrogradés ou réaffectés.

Après avoir investigué les plaintes, le commissaire à l’éthique de la commission scolaire a émis un jugement en août, rendu publique le mois suivant.

Retraitée du Gouvernement du Québec, la vérificatrice, Michelle Lapointe a travaillé à titre de sous-ministre adjointe au ministère de l’Éducation de 2006 à 2011.

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