François Lemieux/TC Media «Sans l'aide d'AJOI, j'aurais été quelqu'un d'autre. Je n'aurais pas grandi comme j'ai grandi. Je n'aurais pas eu la mentalité que j'ai. Je ne serais pas qui je suis devenu, si ce n'était pas des gens qui m'ont donné des conseils», indique Arly Ducatel.

La boucle est bouclée pour Arly Ducatel, un ancien «client» de l’organisme Action jeunesse Ouest-de-l’Île (AJOI). À 19 ans, après une jeunesse tumultueuse, il commencera en juin, pour la deuxième année consécutive, un emploi d’été à titre d’intervenant de milieu pour l’organisme de travail de rue.

À l’école secondaire, Ducatel avait l’habitude de se mettre «dans le trouble» régulièrement. Avec son physique imposant, il s’interposait souvent lors de conflits, une attitude qui causait souvent plus de problèmes qu’elle n’en réglait.

«J’essayais de protéger le monde. Je me mettais au milieu des problèmes. Souvent, ça se revirait contre moi. J’avais l’impression de régler des combats, mais au mieux je retardais le problème. Ça arrivait que je mettais la personne que je protégeais encore plus dans le trouble parce que l’autre personne pouvait être en colère d’avoir été dénoncée à un plus grand», raconte-t-il.

Ce genre de comportement valait souvent à Ducatel des sanctions de l’administration à l’école Félix-Leclerc de Pointe-Claire. Des sanctions qui allaient même parfois jusqu’à la suspension, alors que le personnel éprouvait beaucoup de difficulté à raisonner l’adolescent.

«Ils essayaient de me dire que ça ne faisait pas. Mais je n’étais pas apte à entendre ces personnes-là. La façon qu’ils me racontaient les choses équivalait à me faire la morale et ça ne m’intéressait pas», se rappelle-t-il.

Déclic
C’est lors d’un atelier de sensibilisation sociale que Ducatel a découvert l’organisme AJOI et plus particulièrement, Mardoché Mertilus, un intervenant qui après plusieurs années d’aide, lui a proposé une entrevue pour faire partie de l’équipe d’intervenants d’AJOI, l’an dernier.

«C’est quelqu’un avec qui j’ai tout de suite cliqué. Je trouvais intéressant ce qu’il disait et comment il présentait ce qu’il disait. À l’école, souvent, on nous apprend les choses d’une façon plus pédagogique. Avec AJOI, c’est plus des activités pratiques, c’est plus une façon de passer par notre réalité pour faire comprendre», souligne Ducatel.

Le changement dans son comportement s’est fait graduellement au fil des années et des conseils.

«Ce qui était bien, c’est que tu savais que tu pouvais aller vers cette personne et te vider le cœur, parler, discuter confidentiellement. Et ça n’a jamais été quelque chose de formel, jamais pour me faire la morale. Ça a fait une différence. Ça a été compliqué longtemps. Mais à un moment donné, tu te rends compte que ça ne t’intéresse plus. Avec le temps, j’ai appris à vivre et à laisser vivre. J’ai appris que je n’étais pas au-dessus des lois», indique-t-il.

Étudiant de deuxième année au Cégep d’Ahuntsic en intervention en délinquance, Ducatel n’écarte pas la possibilité de cogner à la porte d’AJOI une fois ses études terminées.

Un succès
Pour AJOI tout comme pour Nathalie Saussey, psychoeducatrice à Félix-Leclerc, Arly Ducatel représente un énorme succès. Mme Saussey, qui se souvient d’être entrée en contact avec le premier intervenant d’AJOI à l’école de Pointe-Claire, il y a déjà huit ans, a en haute estime la présence des travailleurs de rue sur le territoire de l’école.

«Des fois, il y avait des conflits à l’école qui débordent au parc. Des fois, les travailleurs de rue sont là pour essayer d’aider à faire des bons choix. AJOI, quand ils sont à l’extérieur, deviennent l’extension de l’école dans les interventions. C’est super important comme partenariat. On se réfère des cas. Moi ça me sécurise. Je ne peux pas aller au parc ou au Fairview», indique-t-elle.

AJOI a en ce moment une dizaine de partenariats avec différents établissements d’enseignement de l’Ouest-de-l’Île où l’organisme tient notamment des ateliers et des kiosques d’information.

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