FELIX O.J. FOURNIER TC MEDIA MTL La crue des eaux printanière a durement frappé l'Ouest-de-l'Île, dès le 17 avril.

De nombreux résidents de Montréal qui ont subi les inondations seraient désormais victimes de problèmes d’anxiété, de perturbation du sommeil ou de troubles de concentration, selon la Direction régionale de la santé publique (DRSP).

La DRSP a rendu publics mardi les résultats d’une étude réalisée auprès de 200 personnes de Pierrefonds-Roxboro, L’Île-Bizard et Cartierville, les trois zones de Montréal qui ont été durement touchées par la crue printanière.

Conclusion de cette étude: plus du deux tiers des répondants, soit 67%, sont touchés par ces problèmes. La proportion s’élève à 74 % chez les personnes évacuées.

Contacté par TC Media, le maire de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios (Jim) Beis, assure ne pas être surpris par les résultats de cette étude.

«Le drame et la crise que j’ai vu sur le terrain, c’est inimaginable. C’est une perte vraiment totale pour plusieurs. C’est pour ça qu’on voit ce qui se passe au niveau de la santé mentale. C’est certain que ça va affecter les gens et ça va continuer pendant des mois jusqu’à ce que les gens soient rétablis dans leurs maisons», précise-t-il.

L’enquête révèle également que les sinistrés sont proportionnellement près de cinq fois plus nombreux à considérer leur état de santé mentale passable ou mauvais comparativement à la population montréalaise, soit 24 % contre 5 %.

L’impact de la moisissure
Les répondants sont aussi proportionnellement plus nombreux à considérer leur état de santé physique passable ou mauvais comparativement à la population montréalaise, à la suite des inondations.

Un ménage sur trois (35 %) rapporte d’ailleurs des problèmes de santé physique survenus depuis la crise de la crue des eaux.

Plus de la moitié des problèmes colligés par la DRSP concerneraient la santé respiratoire, comme la présence de toux, d’irritations ou de difficultés respiratoires. `

«La moisissure qui se développe rapidement après les inondations peut causer ou aggraver les problèmes respiratoires. Il est donc très important d’effectuer les travaux nécessaires pour éviter d’être exposé à la moisissure », rappelle le Directeur de santé publique de Montréal, le docteur Richard Massé.

Poids financier
L’enquête révèle finalement que près de la moitié des répondants considèrent ne pas avoir la capacité physique ou financière de procéder au nettoyage.

«Les soucis financiers peuvent contribuer aux problèmes d’anxiété chez les personnes sinistrées, d’autant plus que l’enquête révèle que 75 % des répondants n’étaient pas assurés pour les inondations. Cette proportion s’élève d’ailleurs à 80 % chez les personnes évacuées», commente le docteur Massé.

L’enquête a été réalisée auprès de 200 ménages victimes des inondations dans la région de Montréal. Le questionnaire a été rempli par les répondants lors d’une opération porte-à-porte qui a eu lieu du 17 au 25 mai.

L’échantillon est représentatif de l’ensemble des sinistrés montréalais, soit 20 % de Cartierville, 35 % de L’Île-Bizard et 45 % de Pierrefonds.

Par ailleurs, 21 % des répondants habitaient des résidences catégorisées rouges par le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) (réintégration non possible pour des raisons de sécurité ou de santé).

Au plus fort de la crise, plus de 4000 résidences étaient affectées par la crue des eaux au Québec. À Montréal près de 400 maisons ont été évacuées.

Soutien aux personnes sinistrées
Plusieurs programmes et services ont été mis en place pour soutenir les personnes victimes des inondations:

• Programmes d’aide financière pour les sinistrés : 1 888 643-AIDE (2433) ou urgencequebec.gouv.qc.ca
• Réintégration du domicile et nettoyage : urgencequebec.gouv.qc.ca et santemontreal.qc.ca
• Services de santé et psychosociaux : 8-1-1 ou santemontreal.qc.ca

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!