Owen Egan / owen@owenegan.com Gustavo Turecki est directeur du département de psychiatrie de l'Université McGill et directeur du groupe Mc Gill d'études sur le suicide de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Verdun.

Trois personnes en moyenne s’enlèvent la vie chaque jour au Québec, une statistique que le docteur Gustavo Turecki, directeur du groupe McGill d’études sur le suicide de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, trouve inquiétante. À l’occasion de la 28e semaine nationale de prévention du suicide, TC Media s’est entretenu avec lui.

«Ce qui est alarmant, c’est que c’est une situation qui existe depuis longtemps et que, comme société, on fait très peu pour la contrer. S’il y avait une autre maladie qui tuait autant de gens que le suicide, on serait déjà très mobilisés. Même si on l’est davantage qu’il y a 10 ans, il y a encore beaucoup de travail à faire», indique-t-il.

Le Dr Turecki fait remarquer qu’il y existe encore beaucoup de stigmatisation et de tabous par rapport à la maladie mentale et au suicide, deux phénomènes qu’il estime très reliés.

«On est beaucoup plus ouverts. Mais, traditionnellement, ce sont des choses qu’on cachait. Le suicide est souvent vu comme une fatalité et non pas comme un problème qu’on peut résoudre. Ce sont des facteurs qui ont contribué à faire en sorte que, comme société, on a toujours été très passifs face à la problématique de suicide», fait-il valoir.

45 à 64 ans
Selon les données les plus récentes publiées par l’Institut national de santé publique, les hommes de 45 à 64 ans ressortent comme le groupe ayant le taux de suicide le plus élevé au Québec, avec un taux de 32,1 pour 100 000 personnes, entre 2013 et 2015.

«Comme groupe, ils sont plus nombreux à décéder par suicide. Cependant, tous les groupes d’âge et tous les groupes de notre société, riches et pauvres, sont touchés par le suicide», avance le Dr Turecki.

Si le nombre de personnes s’étant enlevé la vie est demeuré, en nombre absolu, relativement stable au Québec depuis un peu plus d’une dizaine d’années, Dr Turecki pense que l’importance des efforts de sensibilisation reste primordiale.

«En parler est essentiel. Il faut qu’on en fasse le plus possible pour sensibiliser la population et le gouvernement. Plus on fait ça, plus on va avancer comme société pour en minimiser l’impact», souligne-t-il.

Ce dernier croit, par ailleurs, qu’il manque des ressources pour des services en santé mentale afin de contrer ce genre de décès.

«Plus il y aura de ressources en santé mentale, plus les suicides diminueront. Il manque aussi de recherche sur le sujet et les problèmes associés. En appuyant davantage la recherche, on sera capable d’intervenir et de trouver des solutions efficaces pour combattre le suicide et identifier des pistes pour faire de la prévention», précise-t-il.

Le suicide se retrouve parmi les dix causes de mort les plus fréquentes selon le Dr Turecki.

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