François Lemieux/Cités Nouvelles «Ma sortie, c'est d'aller sur le balcon. Je suis toujours sur mon balcon ou assis sur le divan», répond Mario Tiscione, lorsqu'on lui demande s'il lui arrive, à l'occasion, de sortir de chez lui.

Un concierge d’immeubles à logements de Dollard-des-Ormeaux songe à poursuivre la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), jugeant insuffisante l’indemnité de revenu accordée à la suite d’une agression au poivre de Cayenne.

Le 4 décembre, Mario Tiscione accompagnait la gérante des appartements du boulevard Brunswick lors de sa tournée pour récolter les loyers et l’argent des salles de lavages.

En sortant du bâtiment par le sous-sol, un individu s’est présenté devant eux et a aspergé le visage de M. Tiscione de répulsif à ours. Il s’est immédiatement effondré au sol, aveuglé.

«En tombant, j’ai frappé mon genou sur le ciment très fort. Je me suis déchiré deux ligaments importants. Mon genou était déjà reconstruit», raconte-t-il.

En arrêt de travail depuis l’attaque, le concierge dit aussi souffrir fréquemment d’écoulement oculaire en plus de devoir composer avec les symptômes aggravés d’un choc de stress post-traumatique, qu’on lui a diagnostiqué, en 2015, à la suite d’une autre agression.

Délais
«Mon dossier devant la CNESST a traîné en longueur. À trois reprises, ils m’ont dit avoir perdu ma fiche avec mes informations. Depuis ce temps, je ne vivais même pas avec le bien-être social parce que je ne crois pas à ça. Je n’avais aucun revenu», indique Mario Tiscione.

Sans être en mesure de donner plus de précisions, la porte-parole de la CNESST, Alexandra Burnet, fait valoir que puisque chaque dossier est unique, le temps requis pour en arriver à une décision peut varier.

«Les délais peuvent être occasionnés par des demandes de précisions, que ce soit au travailleur ou à son employeur, ou encore lorsque le dossier pourrait être accepté en regard d’un autre régime d’indemnisation, que ce soit le programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAQ) ou la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ)», souligne-t-elle.

Autre agression
Ce n’est pas la première fois que M. Tiscione est victime d’une agression sur son lieu de travail. En 2015, alors qu’il était concierge pour un autre immeuble de Dollard-des-Ormeaux, il aurait surpris un individu dans la salle des poubelles du garage intérieur.

L’homme, qui aurait été armé d’un couteau ou d’un tournevis, aurait menacé de le tuer. M. Tiscione avait contacté le 9-1-1 tout en entraînant son agresseur devant les caméras de surveillance pour qu’il soit capté sur vidéo.

M. Tiscione dit avoir beaucoup souffert psychologiquement depuis.

«Je ne sors jamais. J’ai peur des gens et je ne peux être dehors parce que si je vois un conflit, c’est comme si j’avais une centaine de picots dans ma tête qui me frappent. J’ai manqué le mariage de mon fils et l’enterrement de mon père à cause de ça», souligne M. Tiscione.

Il souffre également de pertes de mémoire. Après avoir été placé en arrêt de travail une première fois, en 2015, il avait reçu une indemnité mensuelle d’environ 1800 $ par mois de l’IVAC.

M. Tiscione s’insurge de voir maintenant la CNESST lui fournir environ 600 $ de moins mensuellement.

«C’est rire de moi. Ça n’a pas de bon sens. Je veux poursuivre le gouvernement pour ce qui m’est arrivé», précise-t-il.

La CNESST n’a pu être en mesure de donner de précisions dans les délais quant au calcul de l’indemnité mensuelle de M. Tiscione.

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