Alors que le parti du maire Tremblay continu d’être éclaboussé par la Commission Charbonneau, le conseiller municipal de Pierrefonds-Roxboro Bertrand Ward a récemment été accusé par le Directeur général des élections  de «manœuvre électorale frauduleuse».  

Le 23 octobre, le DGE a envoyé un constat d’infraction à l’élu pour avoir fait un don illégal de 5000$ en argent comptant à l’ancien organisateur, René Leblanc. Le paiement à M. Leblanc a d’ailleurs été versé le 4 décembre 2009, soit un mois après la dernière élection municipale.

Selon le document que Cités Nouvelles a obtenu, Bertrand Ward est reconnu coupable de 1260$ d’amende en plus de perdre le droit de se livrer à un travail de nature partisane, de voter et d’être candidat à une élection pendant cinq ans.

Toutefois, l’avocat de M. Ward, Mario Paul-Hus, a fait savoir qu’il compte se défendre devant la Cour du Québec. «On ne connait pas encore la preuve du DGE. M. Ward est convaincu qu’il n’a pas commis l’infraction qu’on lui reproche, mais on n’a pas la preuve entre les mains», a soutenu l’avocat. Selon M. Paul-Hus, cela pourrait prendre entre trois et quatre mois avant qu’une date de procès soit fixée. De son côté, Bertrand Ward a refusé de s’expliquer au journal. Un communiqué de presse émis dimanche par le cabinet du maire, a indiqué que l’élu d’Union Montréal siégerait désormais comme indépendant jusqu’à ce que la lumière soit faite sur ses accusations. Sur le site web de l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, son affiliation avec Union Montréal a rapidement été enlevée lundi matin.

Pour sa part, la mairesse d’arrondissement, Monique Worth, a été informée tard vendredi de l’accusation contre l’élu. «M. Ward a décidé de se séparer d’Union Montréal tant et aussi longtemps que ça [l’histoire] ne soit pas réglé». La mairesse a précisé que l’arrondissement n’allait pas couvrir les frais légaux de M. Ward.

Vérification faite auprès de son avocat, Bertrand Ward assumera lui-même les coûts de sa défense comme il l’avait fait lors de son procès contre le blogueur Michael Labelle l’an dernier. Celui-ci qui avait perdu sa cause et avait dû payer près de 13 000$ à Bertrand Ward pour des propos jugés diffamatoires à son endroit sur son blogue a réagi: «C’est ce que je critiquais dans mon blogue, le rôle de l’argent dans les campagnes électorales pour Union Montréal». M. Labelle se questionne à savoir pourquoi le DGE a pris autant de temps pour regarder le dossier. Contactée au téléphone, la porte-parole de l’organisme, Cynthia Gagnon, n’a pas voulu commenter le délai.

Paiement en argent à René Leblanc

Conseiller municipal à Pierrefonds de 1993 à 2005, René Leblanc, clame son innocence. L’homme soutient que le 5000$ inclut entre autres ses services et les dépenses pour la voiture, sa nourriture, l’ordinateur et les appels téléphoniques avant et pendant la campagne électorale. «La seule question que je me suis posée est à savoir si tout était conforme», soutient M. Leblanc. On lui a assuré que tout était conforme et que ce n’était pas imposable. Jamais l’homme n’a cru que le paiement était illégal. «Lorsque le paiement a été fait, on m’a assuré que tout était correct, de ne pas m’en faire avec ça». Tout allait donc sur des roulettes jusqu’au jour où un inspecteur a cogné à sa porte.

Soulignons que le retraité siège depuis le printemps au Comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.

Louise Harel s’en mêle

La chef de l’Opposition officielle et chef de Vision Montréal, Louise Harel a souligné au Cités Nouvelles: «Il est sûr que c’est une infraction qui est très sérieuse». Selon Mme Harel, le constat pèse comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Bertrand Ward.

Mme Harel a rappelé que M. Ward siège à la commission des finances et l’administration, un comité qui étudie entre autres le budget. Pour cette fonction, M. Ward reçoit une rémunération. Cela dit, le septuagénaire n’a pas assisté à la réunion de cette commission jeudi matin. En plus de ce comité, M. Ward siège comme membre des commissions sur le transport et les travaux publics ainsi que sur le développement économique et urbain et l’habitation.

Durant la campagne électorale de 2009, Mme Harel a visité à plusieurs reprises le secteur de Cloverdale. À l’époque la politicienne avait reçu une pétition d’enfants pour obtenir des trottoirs et de l’éclairage pour être capable de jouer à l’extérieur l’hiver. «C’était tellement minimal. D’habitude les enfants à Montréal nous demandent des arénas, des parcs, des piscines. Ils étaient les oubliés du développement urbain». L’élue souligne que l’équipe de Pierrefonds-Roxboro lui en a énormément voulu, à l’époque, de s’occuper de Cloverdale. «C’est comme si Pierrefonds-Roxbro était leur monopole et on ne devait pas s’en mêler».

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