Vanessa Limoges /TC Media Richard Cummings du comité Manseau constitué en 2013, alors que les résidents du 950 Champagneur apprenaient «par hasard» l'existence du projet.

Alléguant que d’importantes sommes ont été dépensées avant même que le projet ne reçoive l’aval de l’arrondissement, un comité de citoyens, formé par les résidents du bâtiment adjacent au site de la future coopérative le Suroit, se tourne vers le Bureau du vérificateur général de Montréal pour faire la lumière sur le projet de coopérative controversé, selon des informations obtenues par TC Media.

Vendredi 29 mai, Richard Cummings, du comité Manseau, un comité citoyen formé en 2013, a fait parvenir au Bureau du vérificateur général de Montréal, une lettre réclamant une enquête sur la coopérative le Suroît. La veille, il faisait parvenir cette même lettre aux élues d’Outremont, à Denis Coderre et à Russell Copeman, responsable de l’habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Cette lettre officielle, dont TC Media a obtenu une copie, indique que des anomalies financières et procédurales se seraient produites depuis le début de la saga de la coopérative le Suroît. «Nous comptons sur votre jugement pour mener une enquête auprès des instances concernées et d’user de votre autorité morale et politique afin de stopper ce projet», peut-on lire.

Par ailleurs, on remet aussi en doute les lettres d’appui qui ont été fournies à la Direction de l’habitation par le président de la coopérative, Christian Corbeil. Les propos, du directeur d’arrondissement, Normand Proulx, qui indiquait en juin 2013 que les conseillères auraient été en faveur du projet, sont questionnés tandis qu’on allègue aussi que d’importantes sommes auraient été dépensées avant que le terrain ne leur soit attribué officiellement.

«Nous ne présumons d’aucune malversation, mais nous croyons que l’on a mis ‘la charrue devant les bœufs’ dans cette histoire et je me demande pourquoi», soutient Richard Cummings.

«D’importantes sommes»
Rencontrées par TC, deux sources près du dossier, qui ont préféré garder l’anonymat, allèguent que des sommes dépassant 100 000$ ont été dépensées, aucune preuve à cet effet n’est disponible.

«Nous avons eu le 15 000$ d’investissements et nous avons ensuite présenté les plans qui ont été bien reçus par le Comité consultatif d’urbanisme, alors on s’est lancé», explique Christian Corbeil, président de la coopérative.

Les normes du programme AccèsLogis de la Société d’Habitation du Québec (SHQ), permettent à la SHQ ou la ville mandataire d’autoriser une avance de 15 000$ sur le prêt de démarrage à un stade très préliminaire du projet. Une avance qui est entre autre conditionnelle à un appui écrit de la municipalité qui manifeste son intérêt pour le projet.

À la question, qu’elles ont été les dépenses encourues de la part de Montréal depuis le début du projet, François Goneau, relationniste aux services des communications de Montréal a répondu que «dans le cadre du programme AccèsLogis et conformément à celui-ci, le groupe a obtenu une avance sur prêt de démarrage au montant maximal de 15 000$».

M. Cummings soutient que les plans ont été refaits plusieurs fois et que des tests environnementaux de décontamination des sols ont été réalisés en septembre 2013, avant que le terrain ne soit attribué à la coop le Suroît.

Ce que M. Corbeil soutient également, «notre projet répond aux besoins de l’arrondissement, alors nous avons fait des croquis et l’analyse des sols, mais depuis nous subissons un blocage systématique de la part de deux élues».

La boîte d’architecte Douglas Alford, qui a réalisé les plans du projet de la coopérative le Suroît, confirme que les plans ont été refaits plusieurs fois et que d’importantes sommes leur sont désormais dues.

«C’est un projet complètement finalisé qui a été présenté au Conseil d’arrondissement, les plans d’architecte ayant été complétés, alors que le Suroît ne s’est jamais vu attribuer un terrain. Pourquoi ce projet a-t-il bénéficié de ces appuis financiers avant même que le terrain ne lui soit réservé et que les modalités d’implantation ne soient définies?», demande la conseillère Céline Forget sur son blogue personnel.

En date du 4 juin, la lettre envoyée par les membres du comité Manseau au vérificateur demeure sans réponse. Au moment de publier ces lignes le Bureau du vérificateur général de Montréal n’a pas retourné les appels de TC Media.

Conseil mouvementé
Au conseil du 1er juin, M. Cummings s’est adressé à Normand Proulx, le directeur de l’arrondissement, pour connaitre les sommes encourues jusqu’ici dans ce projet. M. Proulx a alors indiqué qu’il n’avait pas cette information.

La conseillère Jacqueline Gremaud a ensuite mentionné qu’elle connaissait la réponse et que les conseillères connaissaient approximativement les montants dépensés puisqu’elles étaient toutes présentes à une réunion avec du personnel de la direction de l’habitation au centre-ville.

«Nous avons été informées que des grosses sommes ont été dépensées et c’est évident, car on ne fait pas des plans d’architecte sans dépenser de l’argent», a-t-elle souligné.

TC Media a tenté de joindre M. Proulx, mais celui-ci a indiqué que ce sont les personnes ressources à la Ville centre qui donneraient les précisions demandées.

Le premier vote sur l’attribution du terrain à la coopérative le Suroit a eu lieu le 4 mai 2015 et a ensuite été revoté le 1er juin, suite à l’utilisation du droit de véto de la mairesse, Marie Cinq-Mars.

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