Le 6 décembre dernier, la femme ayant siégé le plus longtemps à l’Assemblée nationale du Québec a eu le plaisir de voir la plus jeune députée de l’histoire de l’Assemblée y faire son entrée. Trois jours plus tard, Nicole Léger célébrait le 20e anniversaire de sa première victoire électorale.

«C’est beau de voir la vitalité. Je vois Catherine [Fournier, NDLR] qui arrive, toute neuve (rires), avec tout ce qu’elle apporte. C’est beau pis c’est le fun qu’on fasse de la place à cette jeunesse, mais en même temps, il faut en faire à nos gens plus expérimentés. C’est un équilibre important dans un parti politique», réfléchit la députée de Pointe-aux-Trembles, dans son bureau de circonscription de la pointe est de l’île de Montréal.

Nicole Léger représente sa circonscription sous la bannière du Parti québécois (PQ) de façon quasi ininterrompue depuis 1996. Elle a remporté sept élections et a vu passer sept chefs à la tête de son parti. En 2006, elle a démissionné de son poste, mais y a été réélue en 2008, lors d’une partielle.

«On espère toujours un autre 20 ans, mais c’est à la population de décider […], confie-t-elle. Jamais je ne me suis assise sur un mandat. Même si plein de gens me disent que je vais gagner une élection, ça me fait tellement peur à chaque fois.»

De père en fille
L’ex-enseignante se souvient encore du grand enthousiasme qui l’habitait lorsqu’elle est entrée à l’Assemblée nationale en 1996. C’était trois ans après la mort de son père, Marcel Léger, lui-même député péquiste durant 15 ans et copropriétaire de la célèbre firme de sondage Léger et Léger.

«De 1993 à 1996, les gens sont naturellement venus me dire : « Pourquoi tu te présentes pas? Ton père est parti, viens prendre la relève » C’est comme ça que c’est arrivé.»

«Mon plus grand regret de ces 20 ans, c’est que mon père ne m’a pas vu aller en politique. Il aurait été fier de moi.»
Nicole Léger

Au fil de ses mandats, Nicole Léger a, entre autres, été vice-présidente du Conseil du Trésor, ministre, ministre déléguée, whip en chef de l’opposition officielle et présidente du caucus national du PQ, porte-parole de l’opposition en matière d’éducation, de services sociaux et de logement, en plus de faire partie de moult commissions parlementaires et délégations parlementaires en Irlande et en Belgique.

Parmi ses apports les plus marquants, elle cite la poursuite de l’implantation des garderies à 5 $, la Politique de reconnaissance de l’action communautaire, la mise sur pied du Comité de développement de l’est de Montréal, celle du centre communautaire Le Mainbourg et celle du Carrefour jeunesse-emploi de Pointe-aux-Trembles / Montréal-Est.

«Je me demande constamment : « tu veux gouverner pour gouverner, ou pour régler des affaires. Et ton projet de pays là-dedans? Il faut des convictions pour faire ce travail dur et ingrat. Mais on nous le redonne à 100% malgré tout. Je suis privilégiée d’avoir été députée pendant 20 ans», indique Mme Léger.

Proximité et accessibilité
Sa longévité politique, Nicole Léger l’attribue à une confiance, une proximité et une accessibilité développées avec la population, ainsi qu’au soutien et à la compréhension de son conjoint aussi. «Jean-Paul [Dahm, NDLR] m’a suivi durant 15 de ces 20 années. C’est ben aidant.», témoigne-t-elle.

La députée de Pointe-aux-Trembles estime recevoir environ une dizaine de doléances de citoyen par semaine, en moyenne et ainsi en avoir traité quelque 10 000 en tout. «Pas un citoyen ne va me dire : « je n’ai pas été capable de vous parler ». Si j’entends ça, ça ne va pas, je n’aime pas ça et je le répare», assure-t-elle.
5 moments marquants

L’entrée à l’Assemblée nationale
«Quand tu t’assois à ton siège et que tu vois qu’il y est écrit « Pointe-aux-Trembles », tu sais alors qu’à chaque fois que tu te lèves et que tu votes, c’est parce que tu représentes la population de Pointe-aux-Trembles.»

Être nommée ministre
«Ç’a été un moment exceptionnel. T’as la confiance de la population pour être élue députée, t’as celle d’un premier ministre pour participer au Conseil des ministres.»

Les garderies à 5$
«On se rappelle, on disait : « une place à cinq piastres ». Ça a commencé en 1997, avec Pauline Marois et Lucien Bouchard. Dix mois plus tard, j’arrivais pour l’instauration à travers tout le Québec. Ç’a été un moment fort, entre autres pour les familles et l’égalité homme femme.»

La reconnaissance du communautaire
«Ce n’est pas très connu, mais là où c’est particulier, c’est d’avoir eu l’adoption de cette politique de reconnaissance à l’unanimité à l’Assemblée nationale. C’était relativement unique au monde à l’époque.»

Son cancer de la langue en 2015
«Pour une personne qui prend la parole pour convaincre, ça été difficile. Mais le soutien de la communauté a été émouvant parce que les gens me le rendent. On me demande encore aujourd’hui comment je vais. On dirait que tous les Pointeliers et les Montréalestois le savent.»

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