Des organisations communautaires, publiques et privées projettent de créer un système fédéré entre diverses ressources alternatives en alimentation dans l’est de Montréal pour améliorer la sécurité alimentaire et encourager le commerce de proximité.

Le Projet de revitalisation du système alimentaire dans l’est de Montréal créerait une chaîne d’approvisionnement en fruits et légumes frais entre, par exemple, des jardins collectifs, des épiceries, des dépanneurs, des organismes communautaires et des services de dépannage alimentaire.

L’initiative permettrait d’améliorer l’accès à une saine alimentation, de lutter contre le gaspillage alimentaire, d’encourager les entreprises d’économie sociale de l’est de Montréal et de favoriser l’économie circulaire, estiment les responsables.

«Ce serait une première sur l’île», indique le coordonnateur communautaire Alain Deslauriers, du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l ‘Île-de-Montréal.«Souvent, les ressources alimentaires travaillent en vase clos, en silo, chacune de son côté. Ce que nous voulons faire dans l’est, où se sont développées différentes initiatives depuis cinq ou six ans, c’est de les faire travailler ensemble, en synergie.»

Contrer le désert alimentaire
Les partenaires du projet désirent contrer des problématiques observées, comme la présence d’un désert alimentaire et une occurrence élevée de maladies chroniques à Montréal-Est. Ils évoquent aussi les longues distances que les résidents du bout de l’île doivent parcourir pour se rendre au supermarché le plus près.

«C’est problématique là où il y a des poches de pauvreté. Par exemple, la personne qui n’a pas de véhicule va-t-elle prendre l’autobus de la 81e Avenue jusqu’à l’épicerie Métro au coin de Sherbrooke Est et de la Rousselière? Non, elle risque d’aller au dépanneur le plus près», expose Pierre Roy, directeur de la Société ressources-loisirs de Pointe-aux-Trembles (SRLPAT), organisme fiduciaire du projet.

Rassembler de nouvelles initiatives
Les responsables font valoir, à titre d’exemple, que le futur réseau représenterait des occasions d’affaires pour plusieurs initiatives, dont certaines ont vu le jour dans les dernières années. On pense aux Jardins Skawanoti, un projet d’économie sociale en agriculture urbaine à Rivière-des-Prairies, à l’Échoppe de Gaïa, une entreprise d’économie sociale en alimentation dans le même secteur et DTrois-Pierres, un organisme d’insertion sociale qui exploite une ferme écologique depuis plus de 30 ans.

«Le réseau ferait travailler ces ressources de façon plus intégrée. On veut, comme on dit en développement durable, raccourcir les chaînes d’approvisionnement. Ainsi, les fruits et légumes que DTrois-Pierres ou les Jardins Skawanoti produisent pourraient se retrouver dans les banques alimentaires, dans les épiceries de quartier, ou dans les dépanneurs – parce qu’à Montréal-Est, il ne reste que des dépanneurs», soutient M. Deslauriers.

Le réseau réunit déjà près d’une dizaine de partenaires, dont le comptoir alimentaire Action Secours Vie d’Espoir, l’épicerie Marché Montréal-Est et le réseau d’aide à l’entrepreneuriat PME Montréal Est-de-l’Île. Le conseil municipal de la Ville de Montréal a accepté, le 23 janvier dernier, d’accorder une contribution de 63 000$ au projet, dont les besoins budgétaires sont estimés à 107 000$. Le projet avait fait l’objet d’une demande au programme municipal de subvention PRAM-Est l’année dernière.

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