Des dizaines d’employés, d’ex-employés et de fidèles clients ont tenu à se réunir pour une dernière fois au restaurant St-Hubert de Pointe-aux-Trembles avant sa fermeture et sa conversion.

L’établissement ouvert en septembre 1979 sur la rue Sherbrooke Est sera converti cet été en St-Hubert Express jumelé à un Harvey’s, causant ainsi la perte de 30 à 40 emplois liés au service, dont ceux d’une vingtaine de serveuses.

Même si elle célébrait, la serveuse Linda Lamarre en avait sur le cœur, elle qui doit se chercher un autre emploi après 36 ans de service.

«J’ai quasiment donné ma vie ici», a-t-elle fait valoir. «J’ai l’impression que les employés trouvent qu’on a manqué de reconnaissance envers eux. C’est regrettable.»

L’annonce de la perte de la salle à manger, du resto-bar et des emplois qui y sont associées a cogné dur en mars dernier. Toutefois, la dernière semaine s’est avérée particulièrement pénible au sein des serveuses, selon une gérante.

«Des serveuses trouvaient ça plus difficile, certaines pleuraient. Alors on avait quasiment hâte à ce soir pour passer à d’autres choses», a relaté Suzanne Cherrier, elle aussi obligée de se trouver un autre emploi en gestion.

Des rappelés en septembre
Les employés syndiqués des cuisines, de la livraison et des caisses seront rappelés pour travailler dans le nouvel établissement à sa réouverture à la fin septembre, indique le délégué syndical Michel Tétu. «Mais je pense que la moitié des jeunes seront partis vers d’autres jobs», a estimé l’employé en cuisine depuis bientôt 36 ans.

Pour certains, la perte d’emploi représente une occasion de changer de branche.

«Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais je ne pense pas que ça sera dans le même domaine», a confié Caroline Bordeleau, serveuse depuis 24 ans dans l’établissement. «J’ai étudié en aéronautique quand j’étais plus jeune, alors je vais peut-être chercher du travail là-dedans. J’étais peut-être due pour autre chose.»

Pour le livreur André Saint-Pierre, bientôt âgé de 70 ans, l’heure de la retraite avait sonné de toute façon. «J’ai commencé ici le 5 novembre 1992, il y a presque 25 ans, a-t-il raconté. C’est sûr que c’est triste, mais j’allais prendre ma retraite le 30 novembre. Ça ne m’affecte pas monétairement.»

Clients attristés
De nombreux clients de longue date déplorent la perte d’un lieu de rassemblement qu’ils fréquentaient depuis des dizaines d’années.

«Il n’y en a pas beaucoup dans le coin des places où se réunir, boire et manger à bas prix», a soutenu Robert Gauthier, client depuis 10 ans.

Pour leur part, Violaine Rivest et Jean Mailhot, fidèles depuis 25 ans, perdent un «contact familial». «On a appris à les connaître, ils ont vu grandir nos enfants. Ce St-Hubert fait partie de notre histoire familiale», a témoigné Mme Rivest.

La haute direction a beau dire le contraire, des employés demeurent persuadés que le sort de leur succursale est le résultat du rachat, en mars 2016, an, de la chaîne québécoise par l’entreprise ontarienne Cara, également propriétaire des chaînes de restaurant Harvey’s, East Side Mario’s, BierMarkt et Swiss Chalet, entre autres.

«Je comprends que le restaurant doit être rentable et que les actionnaires veulent du rendement à court terme, mais je pense que si M. Léger [René Léger, cofondateur de la première rôtisserie  St-Hubert en 1951) était au C.A., ça ce serait différent», a estimé Linda Bellemare.

La salle à manger et le resto-bar du restaurant pointelier ont été fermés le 12 mai, tandis que le comptoir pour emporter et le service au volant le seront le 8 juin. Au terme de travaux censés prendre fin en septembre, l’édifice accueillera un St-Hubert Express, un Harvey’s et une salle à manger rénovée, mais réduite. La livraison demeure offerte durant les travaux.

Un autre établissement St-Hubert montréalais, celui de la rue Saint-Denis, dans le Plateau-Mont-Royal, etait aussi voué à une fermeture le 12 mai, entraînant environ 80 mises à pied.

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