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Dès lundi, il n’y aura plus de gardien à la guérite d’entrée de l’Institut Philippe-Pinel, une situation inacceptable aux yeux du syndicat des travailleurs de cet hôpital psychiatrique.

En temps normal, cette personne scrute les entrées et sorties et accueille les visiteurs. «Ça nous inquiète beaucoup. Il n’y aura plus personne pour surveiller le périmètre et c’est le dernier rempart de sécurité», expose le président de la section 2960 du Syndicat canadien de la fonction publique et sociothérapeute à l’Institut Philippe-Pinel, Sylvain Lemieux, qui indique que de nombreux patients sortent sur le terrain de l’hôpital pour fumer ou prendre l’air.

Le syndicat organise lundi midi une manifestation pour dénoncer cette coupe dans la sécurité qu’il attribue à un déficit engrangé par l’établissement et aux coupes dans le système de santé des dernières années. «C’est des coupes de bouts de chandelles, croit M. Lemieux. Le déficit ne sera pas résorbé par ça et ça porte atteinte directement à la sécurité.»

Autre conséquence des coupes : la fin de semaine, le secteur des ateliers a été fermé. «Les patients ne peuvent plus aller aux salles de sports ou de loisirs. Ils sont plus confinés, ce qui augmente la tension, assure le président du syndicat. Et en enlevant ça, on a coupé une équipe d’intervention; on passe de trois à deux.»

Selon M. Lemieux, cela est problématique surtout en période de repas, où il n’y a plus qu’une équipe d’intervention. «Des situations vont se présenter et on ne pourra pas les gérer de façon adéquate, annonce-t-il. Ça se peut qu’un travailleur se fasse blesser.»

«Ça peut arriver que des gens perdent la vie, ce n’est pas impossible. À Pinel, ça n’est jamais arrivé, mais c’est comme si on courait vers ça.» –Sylvain Lemieux, sociothérapeute à l’Institut Philippe-Pinel

Celui-ci rappelle que les patients de l’hôpital sont en majorité des prévenus ou des détenus. «La plupart ont des problèmes de santé mentale et ont commis des délits avec violence», souligne-t-il.

Il été impossible de joindre la direction de l’Institut Philippe-Pinel dimanche. Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on a indiqué qu’il s’agissait de gestion interne d’un établissement. «Les efforts demandés visaient l’administration. Ce n’est pas censé affecter les services aux patients», a indiqué l’attachée de presse de M. Barrette, Julie White.

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