Romain Schué / TC Media Pierreson Vaval, patron de l'organisme Équipe RDP, mise sur un travail durable pour lutter contre la délinquance juvénile.

Alors que la hausse de la petite délinquance touchant les jeunes de Rivière-des-Prairies inquiète police et organismes, Équipe RDP va compter sur trois nouveaux intervenants pour tenter de contrer cette problématique.

Introductions par effraction, vols dans les épiceries et commerces de l’arrondissement, incivilités dans les lieux publics: ces méfaits, qui se reflètent dans la hausse de 8,5% des crimes contre la propriété signalés au poste de quartier 45 en 2015 par rapport à l’année précédente, «préoccupent» les forces de l’ordre qui ont fait part de leur inquiétude à Équipe RDP.

«On m’a informé de cette situation en début d’année, explique Pierreson Vaval, le patron de l’organisme communautaire qui lutte notamment contre la jeune criminalité. Il fallait trouver une solution commune et s’impliquer, avec différents acteurs, dans une nouvelle stratégie de prévention.»

«Maintenir une vigie collective»
Pour expliquer cette hausse d’infractions, Pierreson Vaval pointe une négligence générale. «On a pris pour acquis, avec notamment l’importante baisse des crimes violents depuis le début des années 2000, que tout allait bien, que l’on n’avait finalement pas vraiment besoin d’accompagner autant les jeunes.»

«C’est vrai, le climat est bon dans le quartier, reprend-il. On ne vit plus dans un arrondissement où les gens ont peur de sortir le soir. Mais les jeunes ont toujours des envies, sont toujours attirés par des phénomènes de société. Si l’on n’est pas vigilant, on peut vivre des dérapages. Il faut maintenir et développer une vigie collective.»

Un plan en trois axes
Pour tenter de résorber cette «problématique», Équipe RDP, avec le soutien financier de Québec et de l’arrondissement, a préparé un plan d’action en trois axes. Celui-ci s’effectuera principalement avec l’embauche de deux intervenants de rue, dont l’un est déjà en place depuis le mois d’avril, chargés de patrouiller dans les espaces jugés à risque, notamment les lieux publics, devant les commerces et les écoles de l’arrondissement.

«Ils doivent amener une présence dissuasive, décrit M. Vaval. Mais ils sont également là pour soutenir et aider les jeunes, pour parler avec eux, avec les policiers et avec les commerçants qui se sont beaucoup plaints ces derniers mois. Ils ont un rôle stratégique.»

Un travail à l’école et avec les parents
Un autre intervenant s’est également installé depuis avril à l’école secondaire Jean-Grou, en complément de Sarah-Jane Simon, coordinatrice du programme des Jeunes Leaders, dans le but de faire l’interface entre les élèves et l’administration.

En lien avec les intervenants de rue, celui-ci est chargé «d’intervenir individuellement, dans l’éducation, l’orientation et la discipline», indique M. Vaval qui compte également sur le soutien des familles.

«Les jeunes doivent comprendre que leurs actes, même commis en-dehors de l’école, ont des conséquences et une influence.»

Des activités extra-scolaires
Dernier point de ce vaste plan, le développement de nouvelles activités de loisirs et de socialisation. «On peut faire toutes les interventions que l’on veut, mais si l’on n’offre pas d’alternatives aux jeunes, si l’on ne tente pas de répondre à leurs besoins dans des lieux appropriés, ce n’est pas cohérent», souligne le directeur d’Équipe RDP, avant d’évoquer par exemple l’organisation d’un championnat de basket le midi, entre les cours.

«Par le passé, toutes ces tentatives ont eu un impact. Mais il faut agir à long terme, clame M. Vaval. Il faut mettre les jeunes et les enfants en avant dans nos stratégies. Cela ne pourra être que positif pour le développement du quartier.»

Alors qu’Équipe RDP bénéficie de fonds pour maintenir ces trois emplois jusqu’à la fin de l’été, l’organisme espère, dans les mois à venir, convaincre les différentes institutions publiques afin d’obtenir «un programme de financement permanent pour garder nos intervenants en place et garantir un climat sain.»

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