Emmanuel Delacour/TC Media Ingrid Carey et Janine Thomas déplorent le manque d'accessibilité dans le secteur.

L’hiver a finalement posé son manteau blanc et glacé sur la métropole, à l’émerveillement de certains, mais pour d’autres c’est plus difficile.

Comme de nombreuses personnes à mobilité réduite vivant à Montréal, Ingrid Carey se désole de voir que peu a été fait pour accommoder ses déplacements en fauteuil roulant électrique. «Dès qu’il y aura 30 centimètres de neige dehors, oubliez ça, on est condamné chez nous», affirme-t-elle.

Cette dernière, ainsi que son amie Janine Thomas, corésidente de l’édifice Loggia Pélican, ont demandé cet été à l’arrondissement de procéder à une série de mesures pour faciliter les déplacements des personnes âgées ou à mobilité réduite qui y vivent. Le bâtiment qui inclut des logements adaptés a été ouvert depuis plus d’un an.

Entre autres, un passage piétonnier partant du coin de la place Pierre-Falardeau et menant directement au parc du Pélican situé en face avait été proposé. La présence d’un dos d’âne ou d’un panneau d’arrêt rassurerait Mme Carey. La mise en place de feu de signalisation pour les piétons au coin des rues Molson et Masson semble aussi nécessaire selon les deux résidentes, pour sécuriser les déplacements des personnes.

Une pétition signée par 80 personnes avait été présentée en juin 2016 à l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. Se rendant sur les lieux, TC Media a pu constater qu’à part une pente adoucie en goudron au coin de la place Pierre-Falardeau, aucune des mesures suggérées n’avait été entreprise.

Rosemont–La Petite-Patrie se penchera finalement sur la possibilité de créer de deux traverses piétonnes lors du prochain conseil d’arrondissement en décembre. Toutefois, les conditions hivernales étant déjà bien installées, le béton du trottoir du parc du Pélican ne pourra pas être refait avant le printemps 2017, travaux nécessaires pour le rendre accessible aux fauteuils roulants.

Citoyens de seconde classe?

La présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion du Québec (RAPLIQ),Linda Gauthier n’est pas tendre à l’égard des élus locaux dans ce dossier. «Lorsqu’elle était au sein de Projet Montréal, Érika Duchesne était chargée du dossier de la mobilité réduite. Maintenant qu’elle ne l’est plus, a-t-elle oublié cet enjeu?» questionne Mme Gauthier.

Celle-ci dénonce aussi Projet Montréal, qui en fait beaucoup en matière de verdissement et transports actifs, mais qui agit trop peu pour les personnes vivant avec un handicap.

«Guillaume Lavoie qui se présente comme candidat à la chefferie du parti à de beaux discours, mais il n’a pas dit un mot concernant les enjeux de mobilité réduite. Il faut que ces personnes se mettent dans notre peau. C’est choquant de se sentir toujours considéré comme un citoyen de seconde classe. Pouvoir se déplacer ce n’est pas un privilège, c’est un droit!», plaide la présidente du RAPLIQ.

Réponse des élus
Pour sa part, Érika Duchesne, élue du district du Vieux-Rosemont dans lequel se trouve l’édifice Loggie Pélican, affirme avoir poussé le dossier auprès de l’administration de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. «Il y a un manque de planification dans ce cas. On a construit un quartier au complet et on savait qu’une clientèle âgée allait s’y trouver, mais rien n’a été prévu. L’arrondissement travaille trop en silo et a besoin d’avoir une vision plus d’ensemble concernant cet enjeu», soutient Mme Duchesne.

De son côté, Guillaume Lavoie reconnaît que plus pourrait être fait par son parti pour améliorer l’accessibilité. «Je suis content d’avoir la présence de personnes comme Laurent Morissette [Trésorier du RAPLIQ] pour me pousser sur ce dossier. L’accessibilité universelle a été au centre des derniers débats auxquels j’ai participé», insiste M. Lavoie.

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