Emmanuel Delacour/TC Media Les prélèvements sont conservés dans une cuve d'azote à -196 degrés Celsius.

Cachés dans les sous-sols de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont se trouvent des laboratoires utilisés par la communauté scientifique de la province dévouée à combattre un mal qui emporte des milliers de Canadiens chaque année: la leucémie.

Dans les cuves d’azote refroidies à -196 degrés Celsius sont préservées des milliers de fioles contenant des échantillons de sang et de moelle. Depuis, sa création en 2001, à l’initiative de la docteure Josée Hébert, une hématologue dont la recherche porte sur l’immunologie/oncologie, la Banque de Cellules Leucémiques du Québec a recueilli des prélèvements auprès de 2000 patients atteints de cette forme de cancer du sang.

«Onze centres hospitaliers de la province peuvent accéder à nos bases de données», explique Claude Rondeau, coordonnateur administratif de la Banque.

Depuis sa création, ce département du Centre de Recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont a aidé à la publication d’une soixantaine d’articles scientifiques dans le domaine.

«La recherche surtout les formes de leucémie aiguë. Elle permet, entre autres, de créer des formes de traitements personnalisés, avec des médicaments qui peuvent mieux cibler les cellules malades», affirme M. Rondeau.

Pour rendre accessible à la communauté scientifique les 80 000 échantillons conservés sur place, une dizaine d’employés s’y affairent quotidiennement. Ces techniciens, infirmières spécialisées en recherche, morphologistes et « data-managers » traitent, identifient, catégorisent, entreposent et répertorient les cellules dans une base de données. Rien n’est laissé au hasard.

Effectivement, tous les donneurs de cellules seront suivis par les spécialistes de la Banque, «pour l’ensemble de la durée de leur vie», insiste le coordonnateur administratif. Tous les traitements qu’ils recevront subséquemment, même après une rémission, seront notés, afin de connaître leurs effets sur la santé de leurs cellules.

«Nous demandons aux patients leur permission d’utiliser leurs prélèvements. S’ils acceptent en signant un formulaire nous pouvons ensuite envoyer les spécimens à la Banque», déclare M. Rondeau.

Une affaire délicate, puisque cette requête doit se faire auprès du malade à la suite de son diagnostic, une nouvelle difficile à recevoir. Cependant, M. Rondeau tient à le souligner, le travail de recherche ne peut se faire dans l’apport des patients.

La Société canadienne du cancer estime qu’en 2016
5 900 Canadiens ont reçu un diagnostic de leucémie.
2 900 Canadiens sont décédé d’une leucémie.
3 500 hommes ont reçu un diagnostic de leucémie et 1 650 en mourront.
2 400 femmes ont reçu un diagnostic de leucémie et 1 200 en mourront.

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