Les visiteurs de l’Insectarium de Montréal peuvent observer des milliers de spécimens vivants et naturalisés, mais des centaines de milliers d’autres sont cachés, à l’abri des regards, et d’une grande importance.

En effet, la collection scientifique se trouve dans le Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal, à deux pas du musée. Entre ses murs, le lieu de recherche compte près de 350 000 spécimens dans 75 cabinets conçus pour la conservation des précieuses bestioles.

C’est au sein de cette collection, créée au moment de la fondation de l’Insectarium en 1990, que Stéphane Le Tirant, entomologiste, s’adonne à l’identification de nouvelles espèces.

«On les classe par ordre, genre et espèces. Nous avons plusieurs spécimens «témoins» qui sont aussi prêtés à d’autres institutions scientifiques partout autour du monde. Nous en recevons aussi beaucoup d’ailleurs de la part d’experts qui demandent notre pour l’identification», explique-t-il.

La collaboration est au cœur des découvertes scientifiques en entomologie, et un des plus grands honneurs est de voir son patronyme attribué à un insecte récemment identifié par un collègue.

«C’est comme recevoir un Oscar pour un entomologiste. C’est d’autant plus plaisant que l’on sait que notre nom piquera peut-être la curiosité de quelque dans 100 ou 200 ans. Cela m’arrive fréquemment d’en apprendre sur un chercheur qui a vécu il y une centaine d’années parce que son nom est associé à un insecte que j’ai sous les yeux», affirme M. Le Tirant.

Cet honneur, le scientifique l’a reçu déjà plus d’une demi-douzaine de fois. Quatre scarabées (une de ses familles préférées d’insectes) ont reçu le nom letiranti au fil des dernières années.

Il en va de même pour son ami et collaborateur de longue date, Georges Brossard, qui a vu son nom attribué à l’un des «plus beaux Coléoptères de la création», l’Eupholus brossardi.

Papillon en liberté toute l’année
Stéphane Le Tirant participé au projet de l’élaboration de l’Insectarium avec Georges Brossard dès ses balbutiements.

Il fut aussi un des concepteurs de l’événement Papillon en liberté, qui depuis vingt ans égaie la serre du Jardin botanique avec ses centaines d’insectes colorés relâchés pour le plaisir des visiteurs.

Ce concept sera repris dans les nouvelles installations de l’Insectarium. En effet, l’ancien bâtiment sera fermé au mois de janvier 2018 pour être reconstruit avec un écosystème tropical, dans lequel des papillons et d’autres espèces d’insectes seront libérés de façon sécuritaire à l’année longue. La réouverture des lieux est prévue à l’hiver 2019.

« Ce sera un concept unique au monde. Nous travaillons en ce moment avec le ministère de l’Agriculture du Canada afin de relever les défis conceptuels qu’impose une telle idée. Ce projet viendra remplacer Papillon en liberté de façon permanente», souligne M. Le Tirant.

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