Malgré des années de représentations et de sensibilisation auprès des commerçants et des élus, la question de l’accessibilité universelle demeure problématique, particulièrement à Rosemont – La Petite-Patrie (RPP), estime Linda Gauthier, présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion sociale au Québec (RAPLIQ).

Qu’il s’agisse de l’accès aux boutiques de la rue Masson ou des terrasses qui ne respectent pas le dégagement minimal requis dans la Petite-Italie, plusieurs dossiers stagnent depuis des années, faute de volonté politique, accuse-t-elle.

« Là, c’est fini. On est rendu au stade où il faut déposer des plaintes à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. La Ville (sic), c’est elle qui octroie les permis et qui a le mandat de faire respecter ses règlements », indique-t-elle, précisant que si cette démarche n’a pas été faite auparavant, c’est par manque de ressources.

Mme Gauthier entend non seulement dénoncer les commerçants fautifs, mais aussi la Ville de Montréal et Rosemont – La Petite-Patrie. Elle est d’ailleurs critique à l’égard du maire de l’arrondissement, François W. Croteau.

« Il nous dit constamment qu’il ne peut rien faire de plus, en sortant toutes sortes d’excuses. On trouve ça décourageant, particulièrement à Rosemont. On n’en fait plus d’interventions, on a lâché prise pour quelques instants » , confie-t-elle, visiblement découragée.

Selon Mme Gauthier, pour que les choses bougent réellement, il faut qu’une réglementation soit adoptée à l’échelle provinciale. Elle a d’ailleurs entamé des démarches en ce sens auprès de la députée de Gouin, Françoise David.

« Ça prend une loi, donnant aux immeubles et transporteurs publics un horizon de 20 ou 25 ans pour être accessibles, comme c’est le cas aux États-Unis. Sans quoi, les contrevenants écopent d’une amende de 25 000 $ par jour. Ils n’ont pas le sens de l’humour, eux autres, pis ça marche. Au Québec, on jappe, mais on ne mord pas », déplore la présidente du RAPLIQ.

RPP dans la mire de l’Ombudsman

D’ailleurs, le RAPLIQ n’est pas le seul à pointer RPP du doigt en matière d’accessibilité universelle. Dans son rapport 2013, l’Ombudsman de Montréal lui reproche d’avoir refusé de concéder un accommodement raisonnable à deux personnes handicapées.

Celles-ci voulaient se prémunir d’une plateforme élévatrice pour atteindre leur logement, situé au deuxième étage d’un immeuble, qu’elles habitaient depuis près de 30 ans.

Selon l’arbitre, Johanne Savard, il s’agissait d’un projet « conforme au règlement d’urbanisme » et « le permis aurait dû être accordé de plein droit ».

Elle soutient que la suggestion de l’administration locale, soit d’installer ladite plateforme à l’arrière de la demeure, « ne paraissait pas une solution réaliste ».

« L’arrondissement n’a répondu à aucune de nos questions et n’a pas fourni d’autre information démontrant que sa proposition constituait véritablement un accommodement raisonnable », peut-on lire dans le document.

Les résidents en question ont finalement décidé de quitter Montréal, pour s’établir en banlieue.

« Ce dénouement nous semble déplorable dans une ville comme Montréal, qui s’affiche comme modèle d’inclusion », est-il écrit dans le document.

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