Isabelle Bergeron Les auteurs rosemontois de Québec Western : ville après ville (gauche à droite) : Jacques Blondin, Melissa Maya Falkenberg et Marie-Hélène Lebeau-Taschereau.
Des Rosemontois lançaient un livre sur la culture western au Québec le 29 août.

En traversant  la rue Masson, un passant attentif a peut-être entendu rire, pleurer ou même blasphémer un des trois auteurs de Québec Western : ville après ville . Un livre qui a sa propre histoire.

Chapitre 1 : Tout est parti par un coup de fil

Marc-Andrée Audet, un des éditeurs des Malins, est allé au festival western de Saint-Tite. Impressionné par ce qu’il y a vu, il décide de se renseigner la culture western au Québec. Or, il y a très peu de livres sur le sujet.

M. Audet appelle donc quelqu’un qui s’y connait dans les mots, l’auteure et chroniqueuse Marie-Hélène Lebeau-Taschereau, pour lui demander d’en écrire un. L’auteure en parle à son ami de cœur, le réalisateur et professeur de cinéma et de communication, Jacques Blondin.

Les deux sont tentés par le projet, mais ils ont besoin des ressources d’un expert. D’une experte, en fait : Melissa Maya Falkenberg, journaliste, chroniqueuse et animatrice de la série web sur le country Folk toi folk moi. Mais cette histoire ne s’arrête pas là.

Chapitre 2 : Sur la route

« On s’est dit qu’il fallait aller au-delà de Saint-Tite. On voulait couvrir tout le Québec », explique Mme Falkenberg. Dès lors, après avoir dépoussiéré les différents livres, articles de journaux et disques abandonnés dans les archives des bibliothèques, les trois protagonistes ont erré sur les routes du Québec. Ils étaient accompagnés du petit ami de Mme Falkenberg, le photographe Lucas Rupnik.

Les deux couples étaient alors accompagnés de leur poupon. « Moi et Maya avons accouché à quelques mois d’intervalle, se rappelle Mme Lebeau-Taschereau. Mais partout où on allait avec nos bébés, on était très bien accueilli. Le western, c’est un monde très familial! »

Durant cette « ride de char », comme ils l’appellent, les quatre amis s’arrêtent dans plusieurs coins de la province, notamment Rouyn-Noranda, Terrebonne, Hérouxville et Gatineau. « Mais on consacre un gros chapitre à l’Abitibi-Témiscamingue, reconnaît Mme Falkenberg. C’est qu’on le considère comme le Far West québécois. »

Leur passion les amène même à faire un tour par la Mecque du western, Nashville. « Bien sûr, la culture western est fortement liée à l’identité des États-Unis, mais, au Québec on a réussi à se réapproprier cette culture pour l’intégrer à notre patrimoine. L’Amérique, c’est nous aussi », souligne Mme Lebeau-Taschereau.

Chapitre 3 : La kétainerie, c’est fini

M. Blondin, Mmes Falkenberg et Lebeau-Taschereau ont passé près d’un an et demi à mettre au point ce qu’ils qualifient comme un « coffee table book ».

« C’est un livre qu’on lit par morceau. On peut l’ouvrir au milieu et lire quelques paragraphes avant de le refermer et de finir le reste un autre jour », affirme M. Blondin.

L’objectif derrière toute cette aventure est donc de rendre accessible à tout un chacun cet univers où cowboys, Amérindiens, chanteuses de saloon et whisky se côtoient. « La culture western n’est pas morte. Au contraire, elle est en pleine expansion, principalement grâce à Internet », soutient Mme Lebeau-Taschereau.

Les trois auteurs conviennent tout de même qu’il y a encore beaucoup de préjugés associés à la culture western et à la musique country. « On trouve ça kétaine, par exemple. Quand on va dans les festivals, on voit des gens qui portent des vêtements flamboyants : vestes, jambières et bottes de cuir, chapeaux, éperons, etc. Mais il faut savoir que ce sont des déguisements pour ces événements. Il faut aller plus loin, dans le quotidien de ces gens, pour découvrir leur vraie personnalité », précise M. Blondin.

La fin Et la fin de cette histoire ?

 

Une brique de trois cents pages qui a pour titre Québec Western : ville après ville.

En bref

Pour Quebec Western : ville après ville, les auteurs analysent principalement quatre aspects de la culture western, soit la littérature, le cinéma, la télévision et la musique. Grâce une documentation riche et aux nombreuses entrevues, ce livre permet de restituer cette culture dans le paysage québécois. À cela, il faut ajouter les photographes épurées de Lucas Repnik et de Melissa Maya Falkenberg ainsi que le travail de la graphiste Shirley de Susini qui charpentent Quebec Western.

Le livre sera en vente dès le 29 août. Éditeur : Les éditions Les Malins. Prix : 32.95 $.

 

Rémy-Paulin Twahirwa

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