Alarie Photos Les nouveaux immigrants n’ont pas le loisir de choisir un logement répondant véritablement à leurs besoins; ils prennent souvent le premier disponible, insalubre ou non. Une situation dénoncée par Sylvain Thibault, du Projet Refuge, une maison d’accueil pour hommes réfugiés présente dans Rosemont.
En cette journée pour les droits des réfugiées au Canada, des organismes de Rosemont – La Petite-Patrie dressait un portrait peu reluisant de la situation du logement destiné aux immigrants.

« Le quartier de Rosemont – La Petite-Patrie se transforme avec l’arrivée de nouveaux immigrants. Par contre, on connait très mal leur réalité », dit Martine Poitras, coordonnatrice du Comité logement Rosemont.

Selon Zina Laadj, membre de La Maisonnée, organisme d’accueil et de liaison pour les nouveaux arrivants, « l’accès à du logement est difficile pour eux. Le manque de références, le coût des logements, la présence des enfants et le manque de disponibilité dans le parc locatif sont des obstacles dans la recherche effectuée par les immigrants, spécialement pour les demandeurs d’asile. »

Ce manque de logements pour les nouveaux arrivants entraîne des situations « catastrophiques », souligne l’organisme. « On constate qu’il y a de plus en plus d’immigrants qui s’entassent à neuf ou dix dans un logement insalubre. Les immigrants veulent eux aussi avoir accès à un logement décent, mais ils n’en trouvent pas. La situation actuelle peut mener jusqu’à l’itinérance. »

À la recherche d’un emploi

Sofiane Boulassel, Algérien d’origine, est arrivé au Canada il y a quatre ans. Ce technicien en bâtiment est toujours à la recherche d’un travail.

« Dans mon pays, je m’occupais de l’inspection des bâtiments. J’ai fait cela durant 18 ans. Ici, on me dit que je n’ai pas les compétences pour le faire. On ne reconnait pas mon expérience ni mes diplômes. Je suis ce qu’on appelle un « bébé» ; je dois donc tout réapprendre. Et d’ici là, je n’arrive qu’à me payer un logement infect, avec de la moisissure. Pourtant, je ne suis pas ici pour vivre sur le bien-être social, je suis ici pour travailler! Là, je fais quoi? Je continue de me promener sur Masson? J’aime bien cette rue, mais je vise autre chose pour moi et ma famille. Ce n’est pas facile. »

Sylvain Thibault, du Projet Refuge, une maison d’accueil pour hommes réfugiés, raconte qu’un de ses pensionnaires s’est déjà fait refuser un emploi comme plongeur dans un restaurant « parce qu’il n’avait pas la “compétence” canadienne».

« Les employeurs se servent de plus en plus de l’argument du manque d’expérience pour isoler les nouveaux arrivants. C’est discriminatoire. Les immigrants sont des êtres humains et ont des droits eux aussi », indique-t-il.

« Immigration et logement au Québec, mythes et réalités », un document d’information produit par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) vise, justement, à démontrer que le logement est « un droit pour tout le monde », peu importe son origine. « Il est temps d’avoir assez de logements sociaux pour tous, sans discrimination, sans avoir à couper dans les besoins essentiels pour le payer. On est loin de cela actuellement, surtout chez les nouveaux arrivants », souligne François Saillant, du FRAPRU.

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