Hugo Lorini/TC Media Suzanne Cloutier, coordonnatrice du CJE Rosemont/Petite-Patrie.

Dès le 1er avril, le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) Rosemont/Petite-Patrie devra desservir en priorité les jeunes prestataires de l’aide sociale et admissibles à l’assurance-emploi.

Cette nouvelle orientation fermera la porte à des centaines de jeunes, dans l’arrondissement.

Cela fait maintenant plusieurs mois que le gouvernement libéral a annoncé une restructuration des CJE, révisant ainsi les critères d’admissibilité et le mode de financement. Une décision vécue comme une double peine au CJE Rosemont/Petite-Patrie.

«Nous sommes uniques au Québec, explique Suzanne Cloutier, la coordonnatrice. Sur les 110 CJE, nous sommes le seul à offrir un Parcours financé, qui intègre les organismes communautaires. Mais, nous allons devoir y mettre un terme au 1er avril.»

La fin de plusieurs portes d’entrée
Ce Parcours financé permettait au CJE de subventionner, chaque année, plusieurs organismes qui offraient divers services auprès de quelque 300 jeunes.

Une sous-traitance, qui a financé plus d’une dizaine d’organismes, en 17 ans. Parmi les fidèles de la première heure, le Centre N A Rive.

«Ce sont 72 jeunes de 18 à 35 ans, en situation précaire, qui étaient accompagnés chez nous, explique Ninette Piou, directrice du centre. On leur permettait de retrouver espoir. On était comme une oasis pour eux. Maintenant, on ne sait pas vers qui ils pourront se tourner.»

L’organisme devra faire une croix sur un financement de près de 63 000$ et mettre à pied deux intervenantes jeunesse. Parmi elles, Sophie Falardeau. «J’ai constamment des appels de jeunes qui souhaitent s’inscrire à nos activités et je n’ose pas leur dire que bientôt, ce sera fini. Pourtant, ce sont eux qui ont le plus besoin de ces services», déplore-t-elle.

Pour sa part, l’organisme Perspectives jeunesse, qui soutient les jeunes de 12 à 18 ans, tente de trouver des financements externes pour pouvoir maintenir ses services. «Pour avoir une personne chez nous à temps plein, nous avons besoin de 45 000$», explique Louis-Philippe Sarrazin, le directeur par intérim.

CJE Rosemont/Petite-Patrie

Un tissu social fragilisé
Le Carrefour communautaire de Rosemont l’Entre-Gens est partenaire du CJE depuis sa création.

Avec cette réforme, l’organisme perd une enveloppe de 60 000$. Il devra tirer un trait sur son programme de pré-employabilité 1000 et 1 usages, suivi par 80 jeunes, qui offrait de l’entretien ménager chez des personnes âgées en perte d’autonomie.

«Une majorité de ces jeunes ne sont pas sur l’aide sociale. Ils sont aux prises avec des problèmes de santé mentale, de toxicomanie. En plus de les aider à retourner sur le marché du travail à leur rythme, le programme permettait de créer des liens et une vraie relation humaine. On se demande qui va les accompagner maintenant», déplore Hélène Dagenais, directrice de l’Entre-Gens.

Année de transition
Le CJE tente, de son côté, de se réorganiser. «Dans le nouveau mandat, 75% des jeunes suivis devront être inscrits aux prestations sociales. On a fait une simulation et c’est vraiment très compliqué avec les critères précis qui sont imposés», indique Marie-Josée Dubois, directrice du CJE.

Jusqu’à maintenant, plus de 1000 jeunes franchissaient la porte du carrefour annuellement. La moitié pourrait ne plus trouver l’aide qu’ils étaient venus chercher. Mme Dubois sait déjà que les étudiants et travailleurs précaires ne pourront plus être suivis.

Le CJE Rosemont/Petite-Patrie fait partie d’un comité regroupant une quarantaine de Carrefours jeunesse-emploi au Québec, qui doit remettre des propositions au gouvernement.

Les députés provinciaux Françoise David et Jean-François Lisée comptent également demander rapidement une rencontre avec Sam Hamad, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, pour lui demander de reconnaître l’exception rosemontoise.

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